maintenant

de près et de loin

30 octobre 2007

entre les lignes

   

(...3. Afin de lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'Union reconnaît et respecte le droit à une

aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne

disposent pas de ressources suffisantes, selon les modalités établies par le droit communautaire et les

législations et pratiques nationales.....)

charte des droits fondamentaux

L'Union reconnait et respecte:mais l'Union n'impose pas, l'union (du coup j'enlève la majuscule!), l'union dit: ah vous avez le droit, c'est très bien, mais vous n'êtes pas obligés, les pauvres peuvent rester pauvres, à vous de voir.....

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29 octobre 2007

petite planète

                       colline

Passé la journée avec J. J. vit à Londres,ici tout lui semble paradisiaque. Nous avons escaladé la colline derrière la cité, zigzagué sur les sentiers. Le paysage est beau, comme d'habitude, mais les romarins sont jaunes, les arbouses que j'aime grapiller ont séché avant de murir, ça s'appelle la sécheresse. Nous avons tourné le dos à la grande bleue, nous sommes enfoncés entre les chênes-liège, les oliviers, nous étions seuls au monde pendant 2 heures. Assis sur un caillou, nous avons mis des mots sur nos douleurs, nos bonheurs, nos vies d'humains qui n'ont pas envie d'arrêter la route.

Nous avons même rencontré un chasseur sans fusil qui cherchait son chien: sous le rocher , à 2 mètres de nous, nous avons appris qu'une "truie" (ici, les gens appellent les sangliers des "cochons") bichonnait ses quatre petits; qu'il ne fallait pas les déranger, la petite famille a besoin de calme.

C'est drole, ce soir, j'ai moins envie de dire des horreurs sur les chasseurs.

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28 octobre 2007

plein les yeux

Un dimanche d'été indien du var, M. n'a pas dialysé aujourd'hui, il a envie de bouger, c'est parti. Direction la Villa de Noailles, villa construite par Mallet Stevens sur commande du Vicomte de Noailles (neveu de Anna, oui la poétesse), et sa jeune épouse Marie-Laure . Un couple très fitzgeraldien ,élégant, riche qui avait reçu en cadeau de mariage un terrain caillouteux sur les hauts de Hyères, les pauvres chéris.

IMG_0011        automne        all_e       IMG_0007

Je ne suis pas fana de l'architecture extérieure, mais la vue y est splendide, le jardin méditeranéen un enchantement, et les intérieurs, ah les intérieurs. Les chambres viennent d'être refaites pour y accueillir des artistes en résidence, je regrette un peu les vieilles baignoires rétro (les nouvelles sont de Starck), mais comme j'aimerais prendre un bain dans cet endroit!

L'expo actuelle, Flora Olbiensis, une expo de photos de Erwan Frotin, nous a littéralement scotchés. Des photos géantes, on sentirait presque un parfum végétal en fronçant le nez.

                 fleur_2               fleur_1

                                       expo

Un dernier coup d'oeil aux lustres rigolos et au jardin cubiste (restauré à l'identique):

                lustre                    bateau

et nous redescendons vers le 21ème siècle boire une bière en terrasse. Demain, M. sera sur son lit d'hopital, il engueulera son médecin, il glissera des tracts aux infirmières, M. n'a plus envie de mourir, c'est une excellente nouvelle.

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26 octobre 2007

ils ne m'ont pas encore fait taire

Fadela Amara m'énerve toujours autant, qu'elle se fasse prendr en phot aux côtés des aitres de la destruction, ou filmer en train de jouer à la petite rebelle dans les "quartiers" (France 2, hier).

Nicolas Hulot aurait mieux fait de s'en tenir aux documents sur les baleines à bosse: son nouveau rôle de pantin du pouvoir n'a rien de républicain, loin s'en faut.

Dans le lycée du Fiston, le proviseur a rassemblé les élèves dans lacour pour la lecture de la lettre de Guy Mocquet: si les rassemblements dans les stades m'évoquent des images désagréables, ça doit être parce que j'ai l'esprit tordu...Pour info sur ce qu'on aurait pu lire: voir le blog de Mongkut_c_est_du_poulet____(note du 22-10).

Bref, non, il n'est pas trop tard, les appels se multiplient, moi, j'ai choisi (bien sur), celui-ci:

AppelEITNonconstitution

Qu'en pensez-vous, faites passer, discutons-en!

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23 octobre 2007

la vida

L'époque sent le dur.Même la température s'y met: une chute de 15° en une nuit , pour des humains qui mettent maximum un petit pull depuis plus de 6 mois, c'est violent quand même. Mon porte-monnais est très, très léger, je commence à recevoir des courriers qui commencent par des mots tordus comme rappel, dernier avis, je jongle avec les pièces égarées sous les tapis de sol de la voiture et les chèques en bon bois bien de chez nous. La Princesse va certainement devoir arrêter ses études, plus de bourse, merci le LMD, et toutes les "réformes" de cette union euopéenne de  /ù=" de +µ¤-(censuré). Fils Ainé a une semaine de boulot au marché aux fleurs (le plus gros d'Europe, justement), payé au smic, embauche à 6h00, plus question de passer des soirées tardives en  compagnie de bipèdes de son age des 2 sexes.Il faudrait des nouvelles chaussures à Fiston qui a le bonheur d'avoir de grands, très grands pieds (46).

Mais. Car il faut toujours qu'il y ait un mais, c'est une règle.

Je me plais dans mon boulot, même si je sais que le jour de la paye sera carrément jubilatoire. Des petits de toutes les couleurs, des prénoms qui chantent ou bien qui sentent la série tv, des petites filles avec des tresses partout, ou des chouchous roses, qui se parlent avec des mines de conspiratrice, le nez plongé dans le cartable qui recèle un trésor inestimable. Des garçons look américain, ou pull du grand frère, qui jouent les caïds et rigolent comme des gros bébés quand je me déchaine. Et puis aussi, des petits sauvageons , ah non, on dit "racaille", maintenant, pas trop propres, qui ne font pas la différence entre le a et le b, la trousse vide, les autres les tiennent à l'écart, alors forcément de temps en temps ça explose. Donc, j'y vais sur la pointe des pieds, mais les yeux et les oreilles écarquillés: j'apprivoise, je fais des olas à la première syllabe identifiée, j'essaie de trouver les tables de multiplication trop chanmé , je repars avec des tonnes de dessins de coeurs, de girafes, de soleils multicolores.

Finalement , Fils Ainé est revenu avec le sourire, et 4 brassées de roses, des rouges bien sur, mais aussi des un peu orange comme j'aime .Le salon en prend un air presque aristocratique , si on ne regarde pas trop le coin du bureau, et les revues-tracts-affiches entassés au bout du canapé, bien sur. J'ai respiré, j'ai cherché , j'ai parlé à la Princesse, j'ai laissé passer la colère sous laquelle pointait le découragement, je n'ose dire le désespoir, j'ai fait du thé. La princesse est sortie de sa chambre, chat et couverture dans les bras, mon bébé et ses cheveux comme une crinière, elle a regardé sur le oueb, si ça casse, ça y est, elle a déjà une autre idée; et des envies de révolution, on se demande pourquoi.

Il fait chaud dans l'appart, j'ai mis de l'encens, personne n' a ralé, j'ai préparé la cafetière pour demain matin en pensant à Victor Hugo et Emile Zola, retrouvé des bougies roses , demain est un aute jour.

                            statue dans les jardins du chateau de Gaujacq, dans les Landes

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21 octobre 2007

Juan

jardin_gris  C'est une petite maison comme il y en a beaucoup à Hyères: fermée, le jardin envahi d'un mélange de couleurs et de parfums, celle-ci est juste à côté de mon marchand de journaux et de fumer-tue. Ca fait des années que je la regarde avec envie , et un soupçon de crainte qu'un jour, elle ne laisse la place à un de ces ensembles immobiliers hideux réservés aux  portefeuilles bien garnis en provenance de l'Europe du Nord.

Cet après-midi, je regarde plus attentivement, derrière les branches échevelées d'un arbre qui a conquis une bonne partie du jardin, j'aperçois une plaque,je me tords le cou, je lis:"le peintre Juan Gris a vécu dans cete maison en 1926 et1927".Je lève le nez, je découvre que, sous la gouttière qui tombe en miettes, court une fresque. la peinture s'écaille, on distingue encore un décor romantique, mer, palmiers, pins, au milieu une odalisque en contemplation. Je tombe en amour.

                                                                  gris(ma photo n'est pas terrible, je n'en ai pas trouvé de mieux sur le net.....)

Rentrée chez moi, je me précipite sur la machine qui sait tout: Juan gris, de son vrai nom, Juan Carmelo Victoriano Gonzalez-Perez, nait en 1887 à Madrid . II abandonne ses études d'architecture pour monter à Paris rejoindre la joyeuse bande du bateau-lavoir: Braque, Matisse, Fernand Léger, Juan découvre le cubisme, devient le grand rival de Picasso.

manzan1

Athsmatique, en 1926, il descend sur la côte se soigner en compagnie de sa dernière épouse, Josette. C'est à cette époque qu'il vivra dans la petite maison qui s'appelait alors la "villa Germinal". A ce moment, j'imagine que la petite maison devait être au milieu des champs que le bleu du ciel, les bougainvillées devaient être un régal pour un peintre. Le soleil méditerranéen ne suffira pas. Juan mourra en 1927 à Boulogne -Billancourt, ses amis lui feront un cortège impressionnant pour l'accompagner au pays où les couleurs ne s'effacent jamais.

Moi,je sais que je vais guetter : un jour, peut-être, le portail sera ouvert? A moins que....non, j'ai passé l'âge d'escalader les barrières la nuit, enfin, je crois.....

                                               juan

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elle est encore des notres

bouteille_011

Je suis rentrée: l'H. qui est tellement gentil avec moi, je n'essaie pas de comprendre, je prends comme ça   vient, R. le fidèle qui me regarde avec une sorte d'admiration , qui me remercie "au nom de la classe ouvrière"(après 3 whiskies faut dire), il y a une place libre juste en bas de mon immeuble, bref, elle est pas belle la vie...?

Non, elle est pas si belle. A peine le temps d'enfiler ma djellabah  moche mais confortable, j'entends des hurlements dans l'appart d'a côté. L'oreille collée sur la porte de la voisine où j'entends des gémissements, des "au secours, je suis par terre". M., c'est moi, il se passe quoi....?-Je suis par terre, au secours...Je ne suis pas trouillarde pourtant, mais c'est peut-être la fatigue, le froid qui est arrivé busquement dans la nuit (il a neigé en Corse!!!), je n'ose pas essayer d'ouvrir. La misère fait peur, je confirme. Allez zou, je me secoue, le18. Les pompiers sont déjà venus cet après-midi, mais c'est leur boulot.Re-gyrophare dans la rue, re-costauds dans l'escalier (j'ai eu le temps de trouver un chale qui cache les dégats), la porte était ouvete finalement. Elle est couchée à côté de son fauteuil, chemise de nuit retroussée, ça pue le mauvais alcool, les pompiers sont gentils, ils parlent doucement, la laissent se calmer.

J'en ai marre :de la misère, de ce p.... de bailleur qui ne veut pas lui attribuer un appart en rez de chaussée (handicapée à 80%, mais pas prioritaire), de ne pas pouvoir m'endormir sous la couette en rêvassant à l'amour, l'amitié, aux choses qui réchauffent le coeur. J'en ai tellement marre que, pendant que la voisine fait des propositions à peine déguisées à nos héros, je trace dans la cuisine. Oui, je l'ai fait. J'ai ouvert le frigo, pris les bouteilles en plastique de "picrate qui fait des trous dans l'estomac", et je les ai vidées dans l'évier.

Je sais, tout à l'heure, d'autres gamins passeront la voir, et pour un euro ou deux, lui ramèneront cet écan liquide qui cache la réalité. Je sais, on ne peut pas porter toute la souffrance du monde.

Au fait, il pleut . Enfin une bonne nouvelle.

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19 octobre 2007

passagère est vénère

    woodgraintf1446a

  Ben oui, vénère de chez vénère: pour les non-initiés "vénère" est la version verlan de quartier de "énervé(e)". Hier, nul ne l'ignore,il y avait , ce qu'on appelle dans ce *%!*$ (censuré) de langage politiquement correct, un mouvement social. Aujourd'hui, les cheminots continuent, enfin ceux qui ne marchent pas main dans la main avec le patron: et non, ils ne cherchent pas à conserver leurs privilèges, mas leurs acquis!!!

La revendication de base, étant, pour ceux qui n'auraient pas suivi,  37,5 annuités pour tous (public comme privé), également la défense des services publics, en gros "arrêtez de nous massacrer!". Défendre les services publics, c'est le retour à la sécurité soiale de 1945, bien loin des franhises médicales, le logement HLM, l'éducation nationale, c'est aussi renationaliser tout ce qui a été bradé, est-il besoin d'évoquer Airbus....?

Or, la plupart d'entre nous n'ont accès aux infos que par l'intermédiaire de l'"étrange lucarne" (dixit le grand Charles, qu'on va finir pas regretter...). Je fais comme tout le monde, bien sûr, je lis mon journal à moi, le seul qui dise "rupture avec l'union européene", mon mail est régulièrement rempli de dépêches AFP mystérieusement ignorées par tout le monde, mais je regarde aussi sainte téloche.

Or, que vois-je depuis hier? 10 bonnes minutes sur les gentils salariés qui s'organisent très bien pour aller travailler (je ne critique pas la démarche, je suis bien placée pour dire qu'il est impossible de déposer un préavis dans une boite privée, à moins d'avoir une bonne centaine de syndiqués dans la boite), 5 mns sur la dame qui a enterré ses bébés, de quoi alimenter les larmes dans les foyers, et au moins 15 mns sur THE  divorce. Il y a une heure, on a même eu droit à un monsieur très informé qui nous expliquait que le président de notre présipauté aurait désormais des soucis pour faire le plan de table des repas officiels!

Pendant ce temps, des hommes (et des femmes) se battent, pendant ce temps, je  m'énerve!

Lecteur, aie une pensée compatissante pour les inévitables °*§# de %^¤  (censuré) de droite qui viendront me titiller pendant la diffusion sur le marché demain matin!

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18 octobre 2007

une peau de bébé....

Fils ainé, mon premier bébé à moi que j'ai tenu dans mes bras, a eu 24 ans hier. La mère de Fils ainé est plutot fauchée actuellement, donc rien de luxueux. Son frère lui avait fabriqué des stickers, nous lui avons offert les aventures de "Raymond Calbuth" (quoi, vous ne connaissez pas Tronchet, impossible!) et une ceinture qu'il ira changer car ses goûts aussi ont changé.

Mais, les chèques en bois n'étant pas faits pour les chiens (engueulade de la poste, pardon la banque postale à prévoir), j'ai embarqué tout le monde manger des moules frites. Dans ce très joli endroit que je ne saurais que recommander à ceux qui viendraient sur la coooooote, et qui en auraient assez de manger des fausses bouillabaisses ou des vraies, mais dans des restos hors de prix. On y mange bien et en quantité, il y a des sourires, la liqueur de prune offerte avant l'addition, du jazz pas trop fort.

                        jonas

Après le repas, Fils ainé s'est envolé vers d'autres agapes, il s'est penché vers moi pour m'embrasser :il a toujours ses grands yeux bleus, les taches de rousseur qui lui causaient tant de soucis à 14 ans et qui attendrissent à présent d'autres que moi, je revoyais cette petite chose qui s'endormait dans mes foulards, j'étais béate. Mais le chérubin est vraiment un homme....il pique!!!!Ca alors.......

P.S: séquence pub, le resto s'appelle "chez Jonas", c'est rue de Verdun ,une rue pas encore trop rongée par la bobotisation de Hyères.

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16 octobre 2007

femmes, femmes, femmes

Fulla_Doll

  Hier soir, à la sortie du boulot (oui, ça se passe bien, oui, j'en parlerai un de ces jours), une maman "veut me parler".La maman est voilée, pas le foulard avec les vêtements à l'occidentale dessous, pas non plus quand même le tchador à l'iranienne avec le grillage, mais le grand tissu marron qui ne laisse apparaitre qu'un joli visage. Sans l'ombre d'un bijou ou de maquillage bien sür. la maman veut savoir si son rejeton "travaille bien". Le dit rejeton est toujours habillé de manière impeccable, très praaaïiime de la starac. Le dit rejeton fait bien l'andouille aussi, hier soir, par exemple, il est allé se laver les mains, est revenu couvert de savon liquide.....Mais c'est un gosse intelligent , un de ceux qui me font craquer quand ils lisent "l'histoire des trois petites sorcières". La maman m'explique dans un français impeccable qu'elle n'attend pas de lui qu'il devienne avocat ou médecin, mais peut-être un peu moins "feignant" (citation).Je rassure, un clin d'oeil au petit, ils s'en vont, un grand papillon marron suivi d'un lutin sautillant.

A 11heures aujourd'hui, je suis à proximité du lycée -pas devant, c'est la honte!-, j'attends le Fiston. je vois sa longue silhouette au loin entouré de ses copains, tous la démarche un peu tordue des ados qui apprivoisent leur corps, les pantalons qui laissent entrevoir l'élastique du caleçon, les baskets, le regard qui traine sur les filles. Alors, je regarde les filles aussi, un vol de petites déesses qui traverse le parking, elles doivent avoir 16 ans à tout casser et sont chaussées de ....talons aiguille! Je n'ai jamais su marcher sur ce genre de talons, je me rappelle avoir essayé un soir, être rentrée pieds nus.

Je me demande: est on plus émancipée quand on porte des chaussures de star que quand on se planque sous un grand voile......?

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