30 mars 2008
les roses et la guerre
Mais que s'est-il tramé derrière les roses de Windsor, derrière les toilettes élégantes et les courbettes? C'était en octobre 2006...........
WSWS, 21 octobre 2006
Mercredi, la Force internationale de sécurité et d’assistance (FISA), qui occupe l’Afghanistan et qui est dirigée par l’OTAN à deux reprises et à quelques heures d’intervalle, a tiré des missiles sur des habitations civiles, tuant 26 hommes, femmes et enfants. Les morts soulignent le fait que les opérations de contre-insurrection de la FISA sont menées avec une indifférence meurtrière face à la population locale, qui est en très grande majorité hostile aux forces militaires étrangères.
Le premier incident s’est produit dans le district de Zhari, dans la province de Kandahar, où l’armée canadienne prétend que ses soldats ont tué entre 500 et 1 500 guérilleros talibans durant août et septembre, lors d’une offensive surnommée « Méduse ».
Selon un rapport de l’Associated Press, des hélicoptères de l’OTAN ont tiré des missiles sur trois maisons du village d’Ashogho à 2h du matin. Les résidents affirment que 13 personnes, dont quatre femmes, ont été tuées et 15 autres blessées. Le gouverneur de Kandahar, Asadullah Khalid, a déclaré aux médias que rien ne montrait que des combattants talibans se trouvaient parmi les morts, ou même dans le village à ce moment.
Quelques heures plus tard, des roquettes ont soufflé une maison à Gereshk, une ville dans la province de Helmand. Les troupes britanniques forment la majeure partie des forces de l’OTAN à Helmand, et durant des mois ils ont été engagés dans de violents combats contre la résistance locale dans cette région.
Un voisin de la maison qui a été détruite a déclaré à l’Associated Press que 13 civils - trois hommes, cinq femmes et cinq enfants - ont été tués et que l’attaque provenait d’un avion. La police afghane aurait demandé un appui aérien de l’OTAN durant un affrontement contre de présumés militants talibans aux abords de la ville. Des chasseurs et des hélicoptères ont ainsi tiré des missiles et largué des bombes.
Les forces aériennes n’ont été identifiées dans aucun des incidents, mais elles appartenaient probablement aux États-Unis ou à la Grande-Bretagne, qui fournissent la majeure partie de la puissance aérienne de l’OTAN en Afghanistan.
Un communiqué de presse de la FISA a admis mercredi sa responsabilité pour les morts civiles à Kandahar. Il a déclaré que des opérations se déroulaient dans la région pour « capturer des individus » impliqués dans la pose de bombes contre les forces d’occupation dans le district voisin de Panjwaii. « On fit appel à un soutien aérien rapproché » qui « entraîna plusieurs pertes civiles ».
La FISA n’a pas expliqué pourquoi des missiles devaient être tirés sur des maisons pour capturer des insurgés. Malgré tout, cela demeure une procédure normale. Aussitôt qu’une résistance est rencontrée ou même appréhendée, les forces américaines et de l’OTAN font appel à des frappes aériennes, peu importe les pertes civiles qui peuvent être encourues.
Des centaines d’Afghans ont été massacrés dans de telles atrocités. L’une des plus criminelles est survenue en mai lorsqu’un avion américain A-10 a mitraillé et bombardé le village de Azizi dans la province de Kandahar, massacrant au moins 80 personnes.
L’étendue du nombre de morts civiles est habituellement masquée par les allégations de l’OTAN que les victimes sont des insurgés. Des villageois de la région de Kandahar, prise pour cible lors de l’opération Méduse, soutiennent que des dizaines de résidents ont été inclus dans le décompte de l’OTAN des « talibans » morts. Un fermier, Toon Jaan, a déclaré à l’agence Presse canadienne le mois dernier que 26 membres de sa famille étendue avaient été tués durant le bombardement du village de Sperwan par l’armée canadienne.
Ces tueries aveugles sont un facteur significatif dans l’encouragement des Afghans à prendre les armes contre l’occupation. Les rangs des insurgés continuent de croître malgré le nombre effarant de morts du côté de la guérilla afghane pauvrement équipée à chaque confrontation directe avec les forces de l’OTAN.
Il y a à peine un mois, les commandants de l’opération Médusa se vantaient d’avoir chassé les talibans des districts de Zhatri et de Panjwaii et de bénéficier d’un appui local solide. Les troupes de l’ISAF, ont-ils déclaré, appuient l’aide humanitaire et les efforts de reconstruction qui « vont fournir l’assistance requise pour les gens déplacés par la récente occupation des talibans. »
Le 25 septembre, l’ambassadeur de l’OTAN à Kaboul, Daan Everts, déclara que les succès de la ISAF étaient une « preuve évidente de notre engagement à livrer une aide pratique au peuple de l’Afghanistan, et un contraste flagrant avec les insurgés occupés à la destruction, alors que nous aidons à reconstruire des vies et des maisons ».
Maintenant, les forces de l’ISAF dans la région se trouvent encore sous le feu des insurgés locaux et répondent avec le feu aveugle d’attaques aériennes qui enlève les vies, détruit les maisons et aliène encore plus la population afghane.
Un villageois de Ashogho à Kandahar a dit à l’Associated Press ce mercredi : « Si les soldats étrangers étaient si fins qu’ils savaient où se trouvaient les talibans, pourquoi n’ont-ils pas vu les femmes et les enfants qui dormaient ? Pourquoi veulent-ils nous tuer ? Comment peuvent-ils nous aider à reconstruire s’ils veulent nous tuer ? Peut-être qu’ils devraient partir. »
Dans la province d’Helmand, un attentat suicide a déjà été commis en réponse à l’attaque du village de Tajikai. Jeudi, un homme a foncé au milieu d’un convoi de véhicules militaires britanniques dans la capitale de Lashkar Gah et fait exploser une forte charge. Un marine britannique a été tué et un autre sérieusement blessé. Le nombre de soldats US et alliés morts cette année atteint déjà 172, soit le nombre le plus élevé depuis l’invasion de 2001.
Un autre facteur de la croissance de la résistance est le sentiment de colère vis-à-vis la croissance des inégalités entre les Afghans ordinaires et l’élite qui s’est enrichie en collaborant avec les forces de l’occupation menées par les Américains.
Mohammed Siddique, un représentant de charité Afghans pour demain, a dit à la presse cette semaine : « Pourquoi le gouvernement n’aide-t-il pas les pauvres ? Pourquoi les gens du gouvernement et les commandants construisent-ils de grandes maisons et les pauvres vivent encore dans de mauvaises conditions ? Pourquoi, alors qu’il y tout cet argent qui arrive des pays étrangers en Afghanistan les gens vivent si misérablement ? Les gens disent que les talibans sont mauvais, mais les gens disent aussi que ses gens du gouvernement sont mauvais. »
L’opposition est telle qu’un officier britannique senior fraîchement arrivé d’Afghanistan, le brigadier Ed Butler, avertissait cette semaine que l’insurrection pourrait durer « vingt ans ». Butler a déclaré : « Je pense que certains ont peut-être sous-estimé la ténacité et la férocité des talibans. »
La réponse immédiate de l’administration Bush et des gouvernements qui appuient son occupation néo-coloniale est plus de force et de violence. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada intensifient la pression sur les principaux pays européens, tels que l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne pour l’envoi de troupes assistant à la répression du peuple afghan. Cependant, plus d’un mois après que les principaux commandants de l’OTAN aient lancé un appel urgent pour l’envoi de 2,500 soldats en renfort, aucun n’a répondu à l’appel.
James Cogan

27 mars 2008
détour
Oui, elle était ravissante dans son petit manteau gris (Dior?), oui, le chapeau de la queen était à la hauteur: et l'autre qui lui effleure la main comme si il ne savait pas que les caméras du monde entier sont braquées sur eux. Et Bern qui s'extasie, qui en bave dans son micro, comme si tout ce cirque n'avait pas pour unique objectif de chercher la méthode la plus efficace de leur rapporter un maximum de pognon; donc de nous en ponctionner encore plus. Bachelot, il y a 3 jours, pas à Windsor, mais chez nous: blabla....il faut sortir les jeunes de l'inertie...blablabla......alors, on va créer 400 000 jobs pour les jeunes à partir de 14 ans!!!! Les roses anglaises, la bonne bouffe, l'éducation, mauvais pour nos enfants , tout ça, mettons les au boulot!
Faut que je me calme, je vais finir par les haîr, c'est pas constructif. Une récréation il me faut. Alors je fais un détour, je marche jusqu'en bas de la cité, encore un peu, ne pas penser à la montée du retour. Le chemin du Plan du Pont (j'y pique-niquais avec les enfants quand ils étaient petits), un de mes alentours préférés. L'herbe y est encore verte, dans 2 mois, ça sera à nouveau le pays sec: aujourd'hui, c'est le vrai printemps dans une vraie campagne.
Au retour, j'ai pensé à une chanson de Franck Sinatra.

25 mars 2008
des nèfles!
Mais pourqoi les gens qui ont de si jolis jardins, autour de leurs paisibles villas, là, juste en bas de ma cité achélème, laissent-ils pourrir les fruits sur les arbres, les nèfles, les kakis, et même les citrons????
Un jour, en passant, je sonnerai et je poserai ma question .

23 mars 2008
joyeuses paques
En ces temps, où notre -très-cher président se rappelle que rien ne vaut la bigoterie pour installer le capitalisme (si les pauvres le sont, c'est que Dieu, ou Allah, ou un de leurs potes l'a voulu, alleluiah), il me revient à la mémoire un poème que, petite, j'apprenais sans comprendre:
LA ROSE ET LE RÉSÉDA ( Louis Aragon )
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
22 mars 2008
y a plus de saisons....
....ma pauvre dame. Après un hiver quasi estival, nous voilà avec un froid de palmipède sibérien. Mais comment ils font, dans le Nord, pour militer..?! Une matinée de tramontane, celle qui coupe les doigts, rougit le nez, fait voler les tracts .
Alors, cet après-midi, on l'a bien mérité, ce thé à la menthe au fond du petit bar de la place. Je sors fumer, je cherche le soleil, je pense à lui bien sûr, aux hommes et aux femmes qui veulent la même chose, mais qui ne le disent pas de la même façon .Sans m'en rendre compte, j'ai passé le coin de la rue, je suis dans celle de l'Oustaou Rou (la Maison Rouge). Etroite, comme toutes les rues de ce quartier, donc abritée du vent, je prends mon temps pour déguster la lumière.

Je redescends par l'autre côté, la rue du Vieux Puits, plus de puits depuis longtemps, mais la rue n'a pas encore été rénovée, livrée aux bobos en mal d'authenticité, je sais que le jour où il n'y aura plus de torchon séchant aux fenêtres, la vie n'aura plus tout à fait le même parfum .
Ma cigarette est finie , au fond du bar, l'h. a redemandé du thé ; avec des pignons, juste comme j'aime. Qu'il sert en me donnant des surnoms idiots . Une journée sans engueulade, incroyable.
20 mars 2008
un crépuscule
C'était dimanche soir à Marseille. Question de commodité, l'h. allait faire le retour dans une voiture, moi dans une autre. Sur le trottoir, "ils" discutent encore un peu, mais la séparation est rapide. Pas question de trainer, R. répète allez, allez, comme si , à une seconde près, le monde allait nous échapper. Les hommes sont toujours pressés, les émotions les dérangent. Au dessus de nous, du vacarme de la ville, il y a ce ciel qui bascule vers la nuit:je prends une photo, l'h. tourne la tête, il sourit avec cet air dont je ne sais pas s'il signifie: elle est folle, ou bien, elle me fait rire, sourire, ou peut-être je cache mes émotions sous un sourire, parce que je ne sais pas, je n'ai pas appris à leur mettre des mots dessus........
Dans la voiture de F., sur l'autoroute, je vois encore un peu de rose du côté de la mer. Est-ce qu'il le regarde aussi?
18 mars 2008
Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark
Vous vous rappelez peut-être, au début de ma période de chomdu, j'avais été orientée sur une société de "consultants" pour m'aider à me réinsérer.....En bonne tête de lard que je suis, j'avais réussi à me glisser par un trou du filet: pas pour longtemps, il y a 15 jours, mon conseiller ANPE à moi m'a appelée, un peu emmmerdé, pauvre garçon, pour m'informer que, cette fois, je n'y coupais plus, faut y aller.
Me voilà donc hier matin dans un parc d'activités du terciaire, un endroit sans vie, inodore: les bureaux de la société sont clean, beaucoup trop, les consultants aussi, je fais un peu tache avec mes vieilles (et fausses) converse, le treillis piqué à la Princesse, ma sacoche pleine à craquer. Une très-très souriante jeune femme me propose un café, j'accepte avec empressement, comme une idiote je crois que c'est offert, j'avais oublié que les chomdus ont des droits certes mais surtout des devoirs, depuis le temps qu'on me le répète.Je bois donc mon café pas gratuit et dégueu en contemplant une table recouverte de : le Figaro madame, L'expansion, Challenges, La revue du management, que des choses excitantes.
Les consultants ont 20 mns de retard, pas un mot d'excuse, le même sourire niais sur la figure, de jolies fringues discrètes, mais bonnes marques: jeunes tous les 2, un petit mec qui a dû faire toutes les formations de com du monde, une charmante jeune femme lisse, si lisse. Golden boy ouvre le feu, à l'entendre, l'endroit où nous nous trouvons est un avant-goût du nirvana, un instant, je me demande s'il ne va pas entonner un hymne à la gloire du coaching .Car je ne vais pas être fliquée mais coachée, qu'on se le dise. Avec des méthodes danoises, il a beau arborer une expression qui frôle l'extase pure, je commence à penser que ces méthodes n'ont rien à voir avec le Kama-Sutra. Comme la salle ne respire pas l'enthousiasme, Golden boy ajoute en reprenant son souffle que 80% des "stagiaires" repartent avec un emploi perenne. Golden boy décode immédiatement, des fois que des malotrus croient ressortir de cet eden avec un CDI, un emploi perenne , c'est au moins un CDD de 6 mois.Comme personne n'entre en transe, j'ouvre la bouche, je signale que j'ai tenu au moins un quart d'heure, un record. -un emploi à temps plein...? Silence. Parce que moi, c'est ce que je cherche . Là, Gb jette un regard à sa collègue, genre, t'inquiète-les hystéros-je sais faire et enchaine sur la proposition: 3 mois dans cet antichambre du paradis de ....9h00 à 17h00! Et -je jure que je vois chez ce garçon des soubresauts de plaisir- vous serez comme des vrais salariés, vous prendrez le café avec nous, vous pourrez faire du phoning, du mailing, vous serez en conditions réelles.....Là, ça devient trop, on assez rigolé, je prends mon air le plus faux-cul (moi aussi, je sais poser mes mains devant moi et regarder dans les yeux) pour rappeler qu'à mon avis, pour être en situaton de réalité,il manque ....le salaire.
Après quelques atermoiements, Gb baisse la garde, passe le relais à la jolie lisse. Qui a, elle, une autre proposition, une pour les loosers qui ne connaissent pas leur chance, une demi-journée tous les 15 jours. De toute façon, j'ai pas le choix, c'est ça ou bye-bye assedic, je fais semblant d'être contente, je prends. Je vais pouvoir me faire des CV de toutes les couleurs, trop classe. Ma première séance de coaching est fixée au 1er avril, même pas drole.
En fouillant sur le oueb, j'ai enrichi ma culture sur ces fameuses méthodes danoises: au Danemark, les chomeurs sont mieux indemnisés certes. Mais le licenciement y est libre (liberté quand tu nous tiens). Au bout de 2 mois d'inscription, on propose au chomdu nordique une formation ou un emploi convenable, je devrais dire "on impose" car il est tenu d'accepter, sinon couic , plus de couronnes dans l'escarcelle. Par convenable, on entend quelque chose qui se rapproche des compétences, et surtout qui ne soit pas à plus de ....4 heures de trajet du domicile.....
C'est y pas beau, l'union européenne? Hein, je vous demande ?
Au fait, histoire de nous quitter sur un petit air de fête, une copine, empêcheuse d'esclavagiser en rond comme moi -enfin, on essaie-, bénéficiaire comme moi du coaching, a très indiscrètement regardé sur l'écran de son Gb à elle. Coût de la prestation: ......7900€.......Que c'est beau la privatisation.
si vous êtes sages, la prochaine fois, vous aurez la photo d'Angela Merkel, et si vous êtes très sages, celle d'Attali.
17 mars 2008
rose
C'est écrit partout, sur les journaux, certains blogs, c'est répété en boucle dans l'étrange lucarne:une vague rose a balayé la France! Rassure toi, o lecteur, pas sur la coooooooote, ici, on a juste un peu rajeuni les cadres, mais la mafia locale est toujours bien en place.
Et au risque d'offusquer certains, je vais vous dire: je m'en fous, royalement, impérialement, et plus si affinités. On me dit les français ont voté contre ; ok. Mais après? Devrais-je rappeler les mensonges de la rose madone au printemps dernier, les propos bizarrement oubliés sur l'armée dans les quartiers chauds, les copains de la dite madone qui se sont battus pour arriver le premier dans un gouvernement....de droite, ceux qui ont fait alliance avec le modem, pâle esquisse de "capitalisme à visage humain"?!
Mais quand donc ce peuple va-t-il se donner les moyens de pouvoir voter pour???? Quand va-t-il arrêter d'écouter les chants des sirènes casseuses de démocratie?
Moi, d'abord, j'aime pas le rose, ou alors indien, criard, celui qui fait mal aux yeux des bobos. Je préfère le rouge bien vif. Non, pas celui du sang, celui des vraies roses, celles qu'on offre quand on aime.
15 mars 2008
écoute, petit homme (W.Reich)
Hier, une réunion quand même assez sérieuse, 7 hommes, 2 femmes:j'ai dit assez sérieuse, donc de temps en temps, ça part en rigolade, et comme ces messieurs sont majoritaires, ça n'est pas toujours au dessus de la ceinture . Nous, bonnes filles, on rigole, des fois on proteste, là en général, on a droit à un deuxième tour gratuit. Vers la fin de la réunion, j'apprends que demain, au congrès régional, il y aura le très beau ****. Je me réjouis . D. prend des airs de vierge effarouchée pour me dire que merci, et nous alors..? L'h. me balance d'un air pincé que je sera moins contente quand le très beau m'aura reprise 3 ou 4 fois.... Puisque le goût douteux est tendance, je réponds que vraiment,3 ou 4 fois....? Silence dans la foule. La céature impure a osé piétiner le territoire sacré. R. ouvre le ban en hurlant de rire, ouf.L'h. garde la tête dans ses notes,comme s'il n'avait rien entendu. D. demande un peu de sérieux, svp.....
M'en fous, demain, je me fais l'oeil charbonneux et je roucoule devant le très beau. C'est pas moi qui ai commencé, d'abord.
12 mars 2008
la mémoire

Parce qu'aux infos, on nous parle de la mort de cet homme de 110 ans, celui qui, le 11 novembre dernier, déjà aux infos, disait l'horreur de cette guerre décidée par des riches et où des millions de pauvres se sont fait saigner comme des bêtes, disait que, non, il ne fallait pas faire de cérémonie quand il partirait, par respect pour les autres, ceux de son camp, mais les autres aussi, parce qu'ils avaient été "comme lui", ce soir, ma mémoire fonctionne à fond.
Le plus jeune frère de ma grand-mère avait épousé une française de France, Marguerite, une jolie montpellieraine. Comptable de son métier, une petite vie tranquille dans un logement modeste mais douillet dans une petite rue de Montpellier, 2 enfants, Henriette et Roger . Et puis la guerre, l'horreur, l'occupation, ceux qui disparaissent, ceux qui se taisent, ceux qui trahissent, mais aussi ceux qui résistent. Henri a du partir se battre, lui, le gentil, celui qui savait si bien faire rire . Marguerite est restée avec les enfants . Roger avait 17 ans, au lycée, dans les coins de la cour, on parlait. Ces presqu'encore enfants n'acceptaient pas, Roger a décidé rapidement, il a rejoint un réseau; ses copains aussi. Les messages à porter, les explosifs à passer, tout sauf accepter ça. Ce sont des français, de gentils voisins, d'honnêtes gens qui ont balancé. Roger et ses 16 amis ont été fusillés dans un champ, en aoüt 1943. La terre devait y être sèche , le soleil commençait à taper. 17 ans, l'âge du Fiston.
La gestapo a débarqué dans le petit logement. Je ne saurai jamais ce que Marguerite et Henriette ont subi pendant des heures, j'étais petite quand on me racontait ça, sûrement on ne voulait pas me raconter l'indicible. Mais Henriette est devenue folle , elle n'est plus sortie à la lumière du jour, elle parlait seule à mi-voix, son regard était ailleurs, Marguerite a commencé à passer des heures sur un prie-dieu de l'église voisine, Henri les protégeait l'une et l'autre sans jamais se plaindre .
Il y a 2 ans, une cousine, une de celles à qui on écrit sur une jolie carte en janvier, mais à qui on pense des fois, on sait qu'un jour, on regrettera de ne pas l'avoir plus connue, on dira en soupirant c'est la vie , m'a téléphoné. Henriette était restée seule avec sa mère, le crabe avait embarqué Henri, et puis Marguerite à son tour était partie, Henriette s'était retrouvée dans une sorte d'asile moderne. Elle venait d'y mourir, elle ne parlait plus depuis des années, je suis sure qu'elle aura vu Roger avant de fermer les yeux.

