29 avril 2008
mardi
Si je n'y prends pas garde, ce blog pourrait devenir galère's place. Donc je vais faire attention: mais je vais avoir du mal, les circonstances peuvent être un brin exténuantes.
D'abord, il y a eu hier soir, quand j'ai découvert que les euros de fin de mois, les derniers donc, s'étaient envolés de mon portefeuille: au boulot, forcément, j'en revenais. Et la main malveillante doit appartenir à un un individu de 11 ans maximum.....Pas dormi ou très peu de la nuit, l'argent bien sûr, mais surtout la "chose". Un ou une enfant avec qui je lis "Jack et le haricot magique", avec qui je passe de longues minutes à résoudre des divisions à 3 chiffres qui m'a piqué mon fric, merde!J'ai des soupçons bien sûr, mais les soupçons c'est dangereux. La directrice au bout du fil ce matin, qui soupire, qui ne m'engueule même pas parce que je n'ai pas caché mon sac, qui me raconte: 3ème vol en un mois, la semaine dernière, une collègue s'est fait faucher son portable, il ya 15 jours, la caisse de l'assoc a été vidée. Alors elle va convoquer tous les gamins, voir les familles, elle me conseille de porter plainte, je refuse.
A midi, je décide d'aller respire le parfum de la grande bleue; je me gare près de "ma" plage, celle où il n'y a jamais beaucoup de monde, même en été. Le coin est en travaux, je descends de la voiture, le pied dans un trou.... patatras!Je me relève avec les genoux massacrès, mes jolies petites ballerines mauves écorchées, en maudissant la terre entière.
Je marche quand mêm jusqu'au bout de la jetée, je me pose,et.....ça va! Le même miracle, celui qui se répète à chaque fois. Il y a une petite brise d'ouest, elle est là qui clapote sous mes pieds
,
quand je tourne la tête, je la vois qui s'alanguit sur les rivages de l'autre côté de la rade, je ferme un instant les yeux, ça, personne ne peut me le voler.

27 avril 2008
avec le temps
R et N sont descendus de Paris pour quelques jours, ont passé la soirée d'hier ici. N., sa douceur alcoolisée, elle était si belle quand R. l'a rencontrée, aujourd'hui c'est un zombie: m'a descendu les trois quarts de ma bouteille de manzana avant de s'endormir devant les Simpsons. R. a le sida depuis 20 ans, à une époque, avant qu'il ne connaisse N., il y avait eu entre nous cette petite danse des gens qui se plaisent sans se le dire: il restait un pas à faire, je ne l'avais pas fait. J'étais restée avec celui qui n'est pas arrivé à me détruire mais m'a laissé des cicatrices de taille.
Entre R. et moi, la petite musique est toujours présente, un lien à la fois léger et éternel. Même quand il me glisse rapidement que ça "ne va pas trop fort du côté des poumons en ce moment", je refuse d'imaginer la fin. Nous sommes en vie, point. Il y a des amours qui ne seront jamais répertoriées par personne.
Tout à l'heure, Fiston se préparait pour la plage: ses copains l'attendaient, il vidait son armoire pour trouver son maillot. Il chantonnait "la vie ne vaut rien, rien, rien ne vaut la vie"......
25 avril 2008
flower power
Bon, l'époque est on ne peut plus rude, le valet de l'impérialisme américano-européen l'a confirmé hier soir. Mais heureusement, bon an mal an, la terre continue à tourner. Aujourd'hui, voilà que je m'aperçois qu'il y a des fleurs partout:
, sur mon balcon,
, dans les acacias de la cité,
, derrière ma cuisine,
et même cette plante bizarre originaire de Caracas qui a décidé de colorer mon bureau:
Si j'avais encore l'âge, j'ajouterais bien: et mort aux cons.....?!
23 avril 2008
le petit voleur
J'allais sortir, restait juste à choisir l'écharpe du jour, ou plutôt du soir, rendez-vous militant, mais rendez-vous quand même. Le téléphone a sonné, j'ai pensé mince il annule , ce n'était pas lui.
La voix tremblait, j'ai d'abord pensé à Fils Ainé, je ne comprenais pas, en fait, c'était Fiston. ......Maman, euh..j'ai fait le con...Je continuais à ne pas comprendre, alors il a ajouté faut que tu viennes me chercher, je suis à la sécurité de c*****. Là, j'ai confirmé, il avait bien fait le con, j'ai demandé à parler au responsable.
-Madame, votre fils a commis un vol dans le magasin, si vous ne venez pas le chercher, nous appelons le commissariat!
-Euh ben je viens, je dois prévenir quelqu'un (mais pourquoi je lui raconte ça???) et j'arrive.
-Dans combien de temps?
-Ben je sais pas un quart d'heure, non 20 minutes, oui oui je fais au mieux....au fait il a volé quoi?
-Des écouteurs madame!
13 minutes plus tard, j'explique à l'hotesse que je viens chercher mon fils "qui a fait une bêtise". La charmante prend son téléphone Ange, la dame est là...Sourire pro on vient vous chercher madame. J'attends 5 très longues minutes, je me redresse pour affronter le mastard de service ,surprise, il est jeunot, fluet, charmant. Fiston est dans un recoin sur une chaise, tassé, prêt à se fondre dans le mur. L'objet du délit est sur la table, écouteurs J.. Je râle un coup , genre mais pourquoi t'as pas retiré d'argent, J.. en plus, est-ce qu'on a une tête à avoir des trucs de luxe..? Fiston ne dit rien, le fluet m'explique que soit je paie, et on passe l'éponge, soit c'est le procureur. Ok je paie. Je ressors de la galerie avec une sorte de zombie grisâtre derrière moi. Dans la voiture, les larmes arrivent. Je décide de ne pas en rajouter, j'écoute. Je signale juste que, pour ce soir, je pense qu'une soirée sans copains me semble indiquée.
C'est pas le tout, mais je suis sa mère quand même. Sanction? Bof....Bon allez on va discuter. Re-larmes, je suis un blaireau, je suis trop nul, on s'embête avec mes potes, etc. Là, il faut que je réponde, mais, merde où est le mode d'emploi pour mères qui ratent des rencards parce que leurs fistons ont volé des écouteurs J.. (9,99€)?? Alors, j'improvise: et ce numéro de téléphone du gars qui doit monter un cours de hip-hop dans la cité? Je tends le téléphone à Fiston je peux pas parler comme ça, ça s'entend que j'ai pleuré, j'insiste, je sors de la pièce. Et puis voilà, le cours commence dans 3 semaines, à 200 m de l'immeuble, Fiston est inscrit.
Les écouteurs sont toujours dans mon sac, je ne sais pas quoi en faire, que c'est dur d'avoir 17 ans.
20 avril 2008
encore un.....
C'était dans les années..., enfin c'était il y a longtemps. Je baguenaudais dans les rues de La Rochelle avec mon amoureux de l'époque. Il faisait beau, je vous parle d'un temps où on pouvait être jeune, optimiste et même se payer un resto régulièrement. Au détour d'une arcade, nous étions restés en arrêt devant le spectacle de mime d'un personnage étonnant: jeune, beau, l'élégance un brin décalée . Son mime nous avait fait rire, émus, un peu plus tard, nous avions appris son nom: Farid Chopel.
Encore plus tard, un jour, j'avais vu son nom sur une affiche, je m'en étais réjouie. Comme tout le monde, j'avais aussi entendu parler de la défonce, la violence, mais j'avais gardé une tendresse secrète pour le jeune homme inconnu qui faisait la manche dans les rues de La Rochelle.
Farid Chopel est parti ce soir, il a emporté un petit bout de ma jeunesse, encore un.

17 avril 2008
le groupe
"Inflation": c'est le premier mot que j'ai entendu ce matin, c'est mon super radio-réveil qui me le hurlait dans l'oreille. Après l'avoir insulté et réduit au silence (non mais c'est qui le chef dans cette chambre), un moment de doute mais pourquoi je me lève déjà...? Ah oui, j'ai un rendez-vous collectif chez les "coachs"....
J'arrive à l'heure, encore moins motivée que les fois précédentes, d'ailleurs j'ai oublié toute la doc sur les questions à poser, la présentation en 3 minutes,j'en passe. Dans la salle, coachette n'est pas encore là (eux sont toujours en retard, et ne s'excusent jamais....), mais mes petits camarades de galère sont installés: je dis bonjour, je fouille mon sac pour trouver un stylo en état de marche, et...non, je ne rêve pas, ça rigole autour de moi! Un changement de registre, voilà qui m'intéresse! En fait, tous ont réalisé que ce dispositif est une vaste arnaque, que nous sommes là uniquement pour justifier les salaires probablement confortables des dirigeants de la boite (des américains....).
Mais coachette arrive, et elle a un programme: l'entretien de recrutement. Donc on va faire un tour de table, évoquer nos difficultés et nos attentes par rapport à l'atelier.Ca commence par mon voisin de droite, ben non, ça ne lui pose pas vraiment de problème, l'os, c'est que pour l'instant, il n'a pas de réponse positive; il ajoute en rigolant que sinon, il serait ailleurs, tout le monde rigole, coachette essaie de réclamer le silence, ça ne fonctionne pas. Le-petit-monsieur-qui-n'a-pas-d'ordinateur en rajoute une couche lui, son attente, c'est du boulot, le reste on s'en fout (citation). Coachette commence à transpirer, ah zut, ça y est, c'est à moi. Je cherche, faut que je trouve une impro, qu'on voie que je suis une chomdu qui s'intéresse. Alors, j'explique, que, moi, le problème concerne peut-être la gestuelle, que je suis née encore plus au sud qu'ici, que je ne sais pas parler sans les mains , qu'il faudrait me les attacher, est-ce que c'est un problème. Coachette essaie de se faire entendre, elle garde le sourire pro, elle a la réponse , je dois visualiser mes mains attachées avant l'entretien, je verrai que ça fonctionne. Mon voisin de gauche, un joli petit jeune propre sur lui, qui est resté bien sage jusqu'à présent se tourne vers moi, t'as qu'à visualiser avec des menottes en peluche rose et un porte-jarretelle, hilarité générale, un ex-responsable commercial raconte une vanne sur sa femme, comme on dit ici, ça part en barigoule!
Coachette reprend la main, elle nous laisse 15 mns pour rédiger une présentation personnelle, après on ira en pause. Elle sort de la salle, erreur stratégique: la porte est à peine fermée que c'est le souk de chez souk , il y a ceux qui racontent les salaires de misère qu'on leur propose, mon petit voisin qui trouve que l'avantage des boites de consultants, c'est que les filles y sont plus canons qu'à l'ANPE, le petit monsieur a un stylo multi-fonctions, il nous fait la démonstration, moi, j'explique la plus-value à une petite femme tout gentille qui s'est fait virer comme une chaussette sale après 20 ans de bons et très loyaux services.Bref, quand coachette vient nous annoncer que c'est la pause, elle trouve 10 gus déjà debout, tournés vers la sortie.
A midi, après une dernière heure de franche rigolade, coachette nous libère. Je n'ose pas lui demander la marque de son fond de teint, un truc parfait qui ne bouge pas, même quand elle panique, j'ai peur de l'achever.
Le prochain atelier sera sous forme de jeux de role, je crains le pire.
14 avril 2008
what else
C'était donc à Marseille (au Dôme), c'était un concert de Nightwish; j'entends des aveux de méconnaissance, j'explique donc: c'est du métal finlandais. Ben oui, voilà que je fréquente des métalleux, ceux qui font peur à certains; faut pas croire, sous les chaines, et les manteaux noirs, y a des gens vraiment trop mimis. Je ne pogote plus, ou très peu certes, mais je regarde et j'ai envie de sourire, ce qui n'est déjà pas mal.Je n'ai pas le total look non plus, je ne sais pas coudre, et les robes de princesses de la nuit, somptueuses, dentellées, noires bien sur, sont beaucoup trop chères. La mode de la prohibition bat tout de même son plein, dans les buvettes du lieu, on ne vendait que du coca et de la bière sans alcool: si ça continue, dans un an, la musique est interdite pendant les concerts.
Sinon, what else? Des choses qui ne s'écrivent pas ou si peu, mon coeur plus si jeune mais qui me fait le grand huit , c'est quand la sagesse suprême, l'odeur des pommes dans le four, 5,5% d'augmentation sur le gaz , merci les privatisations, ma future voiture, pas jeune non plus, mais très petite, rouge, toit ouvrant s'il vous plait, avec une radio qui fonctionne en plus. Et demain, j'achète de la farine de pois chiches.
12 avril 2008
vacance(s)

Hier,c'était vacances: pas de ménage pas de courses, pas de recherches de taf, pas de tracts, que du plaisir. L'après-midi chez P. avec un accordéonniste talentueux et aux jolis yeux bleus, le trajet le soir avec P., C. et l'ex(.....) et le soir, THE concert.
Concert de qui, au fait....?
Oui, c'est une devinette.
07 avril 2008
que reste-t-il
Ca aurait du être une soirée délicieuse. L'ex était à l'heure, toujours latin lover à donf, le repas était prêt, les bougies sur la table basse, la musique, tout était parfait. J'avais mis quelques discrètes peintures de guerre, je me sentais bien, sans questions inutiles. Oui, ça aurait du.
Mais il a falu qu'il attaque: sur ma politique. Il a fallu qu'il critique mes camarades et néanmoins amis. Qu'il prenne un air supérieur pour refuser d'écouter mes protestations. Soudain, d'ancien amour, il est (re?)devenu un vieil amant radoteur . Alors, j'ai poliment dit que j'étais fatiguée. Et il m'a raccompagnée sans trop parler. Et je me suis jetée sur mon canapé avec un énorme soupir de béatitude.
Dire que d'aucunes doivent m'envier.....
03 avril 2008
le coeur d'un homme

Je pousse mon caddy dans les allées d'un des temples de la précarité quand ma poche se met à chanter: le temps de faire tomber le pack de yoghourts allégés, qu'on dirait des vrais de la marque qui passe à la TV mais en moins chers, je dégaine. Sur l'écran, un prénom, celui de l'ex. Non, tu ne me déranges pas, en fait , je fais mes courses... boire un coup....? OK, j'arrive. Faut dire que le temps est en pleine forme, soleil et tout, que ma voiture est garée au fond du parking sous un amandier, et qu'avec l'H.... Avec l'H., je sais pas, je sais plus. Oui, il est charmant, oui, il est gentil, oui, quand il sourit, oui, quand il m'appelle "mama" en imitant Ray Charles, je fonds, un vrai chamallow, mais il manque un truc, la flamme est petite je trouve; et pas moyen de la gonfler, la molette est cassée.Ou en panne. Oui, ça m'emmerde. Mais.
L'ex arrive au bar en même temps que moi, j'ai un temps d'hésitation, si, c'est bien lui, ce beau mec qui me sourit. Tout d'un coup, je ne regrette plus d'avoir mis ce cache-coeur offert par la princesse, je repousse les mèches qui me tombent sur le nez, je me redresse; et en plus, il sent bon. La discussion a du mal à décoller, ses filles, mes enfants, sa mère...on dirait un premier rendez-vous.
L'ex va payer, le geste élégant et décidé quand je sors mon porte-monnaie, c'est vrai qu'il payait toujours, à l'époque où...(j'ai de la chance, je n'ai presque jamais rencontré de radins). Il y a comme un flottement, j'ai ramassé mon sac, remis mes lunettes noires....Ah, ce soir, non, j'ai promis une soirée pizza au Fiston, oui, il a beaucoup grandi, c'est presqu'un homme maintenant. Petit sourire. Il est loin, le temps où il apprenait à un tout petit garçon à taper sur des percus, c'était hier je sais. Samedi...? Je ne sais pas...la mère de l'H. est chez son fils à elle en ce moment, mais on ne sait jamais.....Ok, rappelle-moi.


