30 juillet 2008
actuelle femme
Demain soir, je reçois! C'est à dire qu'au départ, je pensais proposer à 2 ou 3 copains de venir manger. Mais c'est pas si simple, l'homo militantus est gourmand et connait du monde .... Je résume: F. demande si Y. peut venir, il se trouve que Y. est avec son fils; l'H. se découvre une soudaine disponibilité ; et M. informe qu'il s'emmerde chez lui le soir en ce moment. En gros, à l'arrivée, on va être 8 dans un appart pas trop grand (mais avec balcon et ventilateur, s'il vous plait). L'os étant que le matin, j'amène E. passer ses radios (elle angoisse, la pôvre), qu'à 15h00, j'ai une réunion, à 18h00 une permanence.
Alors: ce soir, à la fraiche, virer tout le foutoir du canapé et de la table (on planque dans ma chambre territoire sécurisé), installer 2 ou 3 bougies pour faire genre. Demain matin, vite la serpillère, tant pis pour les coins, ils n'ont qu'à venir au milieu. Pendant que E. est à la clinique, les courses, penser à speeder pour passer à la caisse avant les hordes d'Europe du Nord. Début d'après-midi, faire cuire un roti de porc (tartiné miel-moutarde) et un plat de tomates , ail, une brindille de romarin, huile d'olive, chapelure. Prendre une douche, parce que le four.....Préparer une salade géante lentilles-feuille de chêne-lardons-brique de chèvre, huile de noix et vinaigre balsamique , pour changer de la sempiternelle salade dite niçoise. De la vaisselle jetable, les esthètes peuvent se cotiser pour m'offrir un lave-vaisselle. Pour l'apéro, du rosé, pour le repas, du rosé, avec la pastèque, du rosé, c'est F. qui régale.
Et je me décerne la médaille de la vraie ptite fée du logis.
28 juillet 2008
virage à droite
Philippe V. est beau, enfin moi je trouve. Philippe V. m'a longtemps fait rire. Philippe V. est rédacteur en chef d'un hebdo que j'ai dévoré pendant des années. Et puis Philppe V. s'est mis à défendre la guerre, à plaider pour le vote oui en 2005, Philippe V. a commencé à nettement moins me faire rire, j'ai arrêté d'acheter Charlie. Mais de temps en temps, je le feuilletais encore, à la médiathèque, chez des copains, les dessins, la chronique de Siné....
Aujourd'hui, Philippe V. va jusqu'au bout de son dérapage, il vire Siné!!
Pour en savoir plus, c'est ici .Et certes, y a moins de dessins, mais vous pouvez toujours aller sur votre marché et acheter la presse ouvrière!
27 juillet 2008
encore l'H.
Je passe la soirée chez R.: F.et Y. sont là, N. et son doux délire aussi. Sollicité par mes soins, l'H. a décliné, activité militante oblige; qu'il dit. A 1h00, nous faisons la fermeture d'un bar du port, téléphone, l'H.T'es où, j'arrive, tu me guides...? Je sens le sourire béat et quelque peu niais se dessiner sur mon visage, postée au coin de la rue, je guette. Appels de phare, yes, c'est lui, je jubile. Pas longtemps. L'H. sent l'alcool (le matin même, on a eu une discussion sur l'alcool, la conduite automobile, les accidents ....), l'air trop heureux pour être honnête. Au bout d'une heure, ras le bol, je le hisse dans sa voiture, pique les clefs, je suis au volant.
Sur la route, je pense à "bonjour tristesse", quand Sagan raconte comme elle aimait à conduire la nuit avec des passagers endormis dans la voiture. L'H. n'a pas une décapotable certes, mais un véhicule bien confortable qui me change de mes antiquités: les phares éclairent comme des spots, la musique est en sourdine, l'air par la fenêtre est doux, ça sent l'herbe chaude. Un moment je suis tentée de tourner et d'aller rouler le long de la mer, de faire semblant d'être en voyage, après tout l'Italie n'est pas si loin....
La raison l'emporte, je me gare en bas de chez moi, le secoue: il s'écroule sur le canapé, je me retire dans ma chambre en fulminant.
J'ai quand même fait le café ce matin, je l'ai envoyé se recoucher dans son appart bordélique de célibataire. Et merde, la lessive m'attend, j'aurais mieux fait d'aller en Italie.

22 juillet 2008
quand la mer monte
Je ne suis pas douée pour les critiques.
Mais ce film-là, j'enrageais de l'avoir raté au cinéma (une histoire de portefeuille plat, sûrement). Alors hier soir, j'ai planqué les téléphones, squatté le canapé, attendu le générique. Déjà, Yolande Moreau, c'est un excellent début: une femme un peu ronde, qui sait faire rire et pleurer, moi ça me parle, c'est clair. Et puis ce ptit gars du nord dont j'ai oublié le nom (pardon), mais qui a exactement le genre qui me fait craquer quand j'ai un verre de trop.....Et puis les musiques, c'est dans le Nord, mais ça ressemble à mes ferias préférées, et puis les plages, les nuits incertaines....
J'ai bien pleuré sur mon canapé; j'ai bien dormi aussi ensuite. Je reverrai ce film, c'est sur.
20 juillet 2008
une semaine
Une semaine; une semaine, 7 jours de frangine à la maison. Ma petite frangine, il a en fallu du temps pour se trouver (faut dire que les barrières familiales étaient balèses), mais un jour. Un jour, ma petite frangine est devenue ma complice de bodega, mon oreille, mon autre. Qui grogne parce que c'est moi qui ai hérité des yeux clairs de l'est de l'Europe, avec qui j'ai appris à m'engueuler pour mieux rire après, mes plus beaux fou-rires, c'est elle.
Alors, pendant une semaine, c'est la méga-parenthèse, des vacances puissance v, vous avez dit bonheur....?
C'est les retrouvailles avec C., l'apéro dans le jardin, rosé frais, figatelli , les yeux qui brillent, le repas sur la plage des Bormettes (conseillé à ceux qui viennent par ici), d'abord on râle de voir Brégançon rose de soleil couchant, et puis, il fait nuit, on les oublie ceux du fort, les puissants arrogants parque ces instants là, ils ne les auront jamais: la lune dans le ciel et dans la mer, encore du rosé, des pizzas, du poulpe, un groupe de jazz (que le flutiste est mignon, m....). Que ceux qui n'ont jamais dansé pieds-nus, un peu ivres, avec des gens qu'ils aiment, dans le sable la nuit, me jettent le premier glaçon.
Encore un apéro prolongé chez F. ,cette fois ,c'est moi qui conduis, je suis au jus d'orange, c'est tellement bien que je crois que je suis soûle quand même. Une heure sur la plage, à l'heure où les dernières familles roulent les nattes, concours de pyramides de galets, elle gagne, normal elle est plus jeune, c'est moi qui grogne. Le matin où je me suis levée la première, ménage, beignets de fleurs de courgettes, ça ressemblerait pas à une famille, ça?
Et puis il y a le dernier soir. on est parties pour aller écouter du jazz à Toulon, c'est carrément sage comme projet. Mais ça intéresse F. qui rameute des copains, sa douce, et pourquoi on n'irait pas manger un morceau avant, des moules-frites par exemple. C'est pas la saison mais on s'en fout , justement il ya ce petit resto si agréable, alors pour ne pas être en reste, j'appelle l'H.. Qui dit oui , qui arrive à l'heure. Bien sûr, on arrive à la fin du concert, on a quand même le temps d'entendre un sublime morceau joué par le Jacky Terrasson Trio (conseillé aussi), pas grave, la nuit peut commencer. Les rue de Toulon, un petit bar, les clopes dans la rue, du rhum. (l'H. conduit, boit peu, héhé). A 3 heures, l'H. a négocié l'entrée gratuite dans une boite gay. A 3heures 10, je me déchaine sur la piste, je laisse les gars me frotter un peu, l'H. me cherche avec une vodka orange , il se souvient de mes faiblesses, cool. La frangine ondule, se tord, brille. A 6 heures elle râle dans la rue, j'ai mal aux pieds, elle est encore loin la voiture. L'H. sourit, offre sa tournée de croissants.
La frangine est rentrée chez elle, et moi j'ai encore des vacances plein la tête, le coeur, les pieds, les yeux, tout quoi.
11 juillet 2008
du balai et autres accessoires
Débuté aujourd'hui une carrière que j'espère éphémère sinon gratifiante d'"aide ménagère". La responsable de la société qui se fait un paquet de pognon sur mon dos, pardon qui fait le lien, m'avait prévenue: "c'est une dame un peu spéciale, un peu maniaque, il y a eu un problème avec la dernière personne que j'ai envoyée". J'avais traduit "un dragon" et maudit ce ****** de frigo qui refuse de se remplir tout seul.
Mais dans le petit jardin, ce matin, le dragon était bien frêle et timide devant moi: une petite dame avec un joli accent italien, toute fine, son mari est en dialyse, le toubib lui a dit de se reposer. Qui m'a préparé les seaux d'eau, les chiffons, qui me propose un verre à boire , à qui je suis obligée de rappeler que je suis venue pour bosser. Pendant 2 heures, je brique comme je ne le fais jamais chez moi (je sais, c'est pas difficile), et comme la petite dame tourne en rond, s'inquiète que j'aie bien tout ce qu'il faut, culpabilise parce que c'est pas son genre de faire la patronne ,je parle. La petite dame se pose sur le bord du canapé:je vais vous raconter...Je roule le tapis, elle est lancée: ce beau gars qu'elle avait connu, là-bas, dans son village du sud de la botte, qui est parti travailler en France pour rapporter de quoi faire "une jolie maison pour la famille", la belle-famille qui s'en mêle, qui l'oblige à partir le rejoindre ils disaient que ce n'était pas bien, une jeune femme qui reste toute seule loin de son mari ;et puis les frères du mari qui débarquent aussi, qui veulent leur part du gâteau, alors le jeune mari cède, ok, ils vont la monter leur entreprise familiale dans ce pays où les gens sont différents, loin du village. La maladie du mari, trop vieux pour retourner là-bas où de toute façon, il n'y a plus personne, ils sont partis ou morts.
Les 2 heures sont finies, le salon et la chambre sont impeccables, je trouve les yeux de la petite dame plus bleus qu'à mon arrivée. Et je me retiens pour ne pas lui faire la bise, après tout je ne suis qu'une aide ménagère.
09 juillet 2008
cet après-midi
Il y avait du mistral, mais le soleil cognait fort, très fort.Il y avait beaucoup de monde aussi. Ma princesse avait ses boucles d'oreille de gitane, ses cheveux au vent, les yeux rouges cachés sous les lunettes noires. Cigarettes, sanglots, étreintes. Toutes ces petites jeunes qui pleurent encore comme des enfants mais qui ne savent pas qu'elles sont en train de grandir plus vite que prévu.
Et puis la mère est arrivée. Enroulée dans des voiles blancs, soutenue, guidée , si on la lâche elle tombe, c'est sur. C'est mon tour d'aller laisser mes larmes étaler mon khol. Maintenant le cercueil est dehors, sur un chariot, la famille l'entoure, foulards, imam , prières, larmes de la petite soeur. Nous, les autres, à l'écart, on regarde, on attend, la bouteille d'eau est tiède tu crois qu'on peut fumer....? Le cercueil est glissé dans le camion, la Princesse se détourne, tombe dans les bras de sa copine (elles étaient trois...).
Les véhicules démarrent, nous suivons à pied, toujours ce vent qui décoiffe et ce soleil qui brûle les épaules. Petit flou autour de la tombe, les croques ne connaissent pas la direction de La Mecque, je ris bêtement, la Princesse sourit et passe la main dans ses cheveux maman, fais attention, tu marches sur une tombe. Dans la foule, quelques gaillards en uniforme d'artilleur, chaussures qui brillent, gants blancs, fourragères. Parce que le conducteur de la voiture, qui a quitté ce monde aussi, était militaire, parce que, me glisse la princesse dans l'oreille, le petit brun là-bas, c'était son ex.
Le cercueil est descendu, les poignées de terre sont tombées (ce bruit qu'on n'oublie jamais), une femme jette de l'eau, personne ne bouge. Mélange de rites, les cultures qui se frottent les unes aux autres, la tombe va être recouverte devant nous. Et là, il se passe quelque chose. Le petit brun s'avance, bouscule les fossoyeurs et les hommes de la famille, prend une pelle avec ses mains gantées, sans enlever képi ni veste, commence à pelleter comme un fou. Ca va durer une bonne heure, nous immobiles ou presque, ces hommes qui travaillent sans parler, ce gars dans son uniforme rutilant qui jette de la terre, aplatit, recommence.
Et puis une voix d'homme c'est bon les gars, faut arrêter là. La mère est à genoux devant la tombe, elle caresse les fleurs comme elle a du caresser les cheveux de sa fille, encore une petite secousse pour mon coeur. La princesse me tient la main, il faut s'en aller, c'est fini.
A la terrasse du bar, les filles recommencent à rire , le jour où elle a oublié ses chaussures, et quand elle nous a téléphoné parce qu'elle était bloquée dans les WC...! On trinque, la Princesse est un peu pompette, le père de C. me parle doucement. Au revoir, jolie S.
06 juillet 2008
première
Ca devrait être interdit. Et pourtant . Ma Princesse a sa première grosse souffrance: bienvenue dans le monde des adultes, ma chérie. SA copine, un tiers du trio avec qui elle a fait les bien plus que quatre cents coups, celle des coups durs et des rigolades, celle avec qui elle détaillait les garçons, avec qui elle a couru à la maternité quand la troisième larronne a fait un bébé, celle qui souriait si joliment, qui dormait des fois sur un matelas à la maison, la très jolie S. est morte cette nuit. Ca devrait être interdit de mourir à 20 ans. De souffrir aussi. Ce soir, je serai à la gare. Dans quelques jours, pour moi aussi, il y aura une première fois, j'accompagnerai ma fille à un enterrement. Que c'est dur de vivre.
04 juillet 2008
un livre
Parce que, en dépit de la platitude de mon porte feuille (morne plaine), il m'arrive de , comme on dit, me faire plaisir, hier je me suis offert un livre. Je voulais quelque chose de léger, facile, un bouquin de plage même si je n'y vais pas ou alors à des heures où on ne peut plus lire, juste écouter le frroutt frroutt des vaguelettes sur le sable, ben c'est raté. Attirée par la famous blondeur de feu mademoiselle Norma Jeane Baker exposée en couverture, j'avais cru flairer le ragot hollywoodien, celui qui horrifie et fascine. Las. Marilyn dernières séances, de Michel Schneider, relate, avec des références trop connues pour qu'on soupçonne l'arnaque, la relation de Marilyn avec son dernier psychanalyste. J'ai plongé, tourné les pages jusqu'à une heure avancée de la nuit, j'ai fini tout à l'heure au lieu d'aller visiter des "camarades" -qui doivent très bien se porter de ma non-visite, je n'en doute pas-. Bref, non, je ne raconte pas, je conseille. Sauf aux blondes platine en dépression chronique peut-être. Ni aux présidents américains qui pourraient en déduire que ça ne rapporte rien de bon d'être un salaud.

Bip.....bip....bip, flash info: non, les FARC n'ont pas enlevé le parlement européen, mais....mon Fiston a son CAP, YESSSSSSSS! L'année prochaine, je serai donc mère d'un étudiant en "brevet des métiers d'art". Ca jette, non?
03 juillet 2008
retour in the blogosphère
Et oui, j'avais disparu, pas de la circulation, mais du blog. Vous voulez des explications? C'est simple, j'ai eu une panne d'écriture: tout d'un coup, là, sans prévenir, voilà que je n'avais plus envie de mots. Trop de mots obligatoires surement, les courriers aux administrations, les lettres de motivations parce que c'est dingue ce que je suis motivée.
Et puis un nouveau parti, c'est du taf: vous savez, ce parti qui a déjà plus de membres que celui du très médiatique facteur, mais dont bizarrement, les médias ne font pas leurs choux gras...A propos de médias, hier soir, je suis vautrée devant la boite à images, la chaleur commence à nous lacher un peu ouf, et en bas de l'image, le bandeau qui annonce la libération d'Ingrid B. Bon, je ne vais pas me lancer sur une analyse de la politique menée par cette personne, je ne vais pas chercher les listes des personnes qui sont massacrées par les copains de mme B., je vais faire comme tout le monde et dire que, quelle que soit la personne, on n'emprisonne pas comme ça, et qu'elle a droit, comme tout un chacun, à sa liberté de mouvements.
Mais: entendre, là, dans le poste, à l'instant, qu'on remercie l'armée colombienne....! Et pourquoi pas des pétales de roses sur la CIA pendant qu'on y est...?!
Voilà, histoire de revenir dans les parages de manière pas trop discrète, ce qu'on peut lire si on fouille un peu:
En Colombie, ces dernières années, des milliers de personnes ont été enlevées par des délinquants ou des milices d'extrême droite, alors que des milliers d'autres disparaissaient entre les mains de la police ou de l'armée colombienne. Selon la Commission Européenne, le nombre des déplacés et réfugiés s'élevait en 2006 à 3,9 millions, soit 2 fois plus qu'au Darfour.(source Claude SANTIAGO)


