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de près et de loin

20 octobre 2008

opium

riche Madeleine Cinquin, dite "soeur Emmanuelle" est donc décédée. Non, je ne dirai pas paix à son âme, je ne crois pas à l'âme. Voilà que nos médias, nos artistes ont la larme à l'oeil: le mot "sainte" a même été utilisé très naturellement au gité de 13 heures. Loin de moi l'idée de nier les valeurs morales, l'honnêteté, la générosité de feue cette femme. Mais, tout de même, comme c'est pratique pour ce pouvoir qui nous escagasse un peu plus tous les jours, ces gens "au service des pauvres"! Que ne ferait-on pour conforter le pékin lambda dans l'idée que la pauvreté, comme la richesse, sont naturelles....Supprimer la pauvreté, ma chère, mais quelle extravagance! La ci-devant (c'est une boutade, hein,  je n'ai pas la machine de monsieur Guillotin en kit dans ma cave) Madeleine a produit un ouvrage dont le titre "Richesse de la pauvreté" fait se pâmer ceux qui n'ont jamais été pauvres. Je ne l'ai pas lu et ne le lirai pas: sans prétention de ma part, j'estime ne pas avoir besoin d'enrichir les maisons d'édition pour savoir que, même complètement fauché, on peut être quelqu'un de très bien. Je préfère continuer à expliquer au Fiston pourquoi, il ya longtemps, un homme a écrit que la religion, c'est l'opium du peuple.

Vous pariez quoi qu'on va encore bouffer du pape aux infos???

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16 octobre 2008

encore mon balcon

Levée très, très tôt pour aller distribuer des tracts devant l'hôpital. Peu dormi, pas eu le temps de me ravaler la façade; l'H. n'a pas eu son café, a du mal à articuler, P. se frotte les yeux (c'est pas grave elle n'est pas maquillée non plus). Les équipes de nuit sortent, d'autres arrivent , fatigue générale: je bosse en chirurgie, 6 mois qu'on nous refuse les congés pour manque d'effectifs, "ils" veulent nous virer....

7 heures, on arrête. Un café au bar du coin avant de repartir dormir une heure, ou faire sa lessive, ou aller au local syndical.

Sur mon balcon, je regarde le soleil sortir de la brume. La trace d'un avion dans le ciel. Et le chat qui réclame ses croquettes. Finalement, je ne me recouche pas, la journée est trop belle.

                              avion

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13 octobre 2008

même eux le disent.....

tirelire Pour les pauvres, le coût de la crise pourrait être celui de toute une vie", a déclaré pour sa part le président de la Banque mondiale Robert Zoellick. "Cent millions de personnes sont déjà tombées dans la pauvreté cette année et ce nombre va augmenter".

                                                   

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11 octobre 2008

la chemise

C'est une réunion du samedi  après-midi: trop longue à mon goût, je ne tiens pas en place. Mais les camarades, les amis sont à donf, comme on dit dans mon quartier. Mieux mourir debout que vivre couchés, ils sont tous d'accord. Les décisions pleuvent: aller à l'entrée de l'hopital menacé de privatisation sinon de fermeture totale, contacter les soignants, les visiteurs, organiser une réunion chez F. qui a du mal à se déplacer, rédiger un nouveau tract, préparer une délégation en préfecture; moi, comme une andouille, je m'inscris partout, je mets plusieurs minutes à percuter que je vais devoir avaler 1 litre de café par jour, et abuser du crayon anticernes.

Je prends mon portable en main pour me donne un genre, je sors. Une vraie bonne bouffée de "fumer-tue", je tourne le coin de la salle municipale, très glauque, mais gratuite. ( à Toulon, la belle ville dont  le maire est secrétaire d'état, les salles mises à disposition des réunions politiques , sont désormais payantes, y a pas de petit profit). Derrière, il y a ce petit coin qui n'a pas dû changer depuis l'époque où Hyères vivait à la campagne, en face du lavoir où des femmes du quartier continuent à venir battre, frotter, essorer draps, torchons, le linge de la maison. A l'écart de la rue, pas encore rongé par un marché fait pour ceux qui viennent vivre à quelques heures de TGV de leur travail, de vraies maisons, un vrai palmier, des vraies gens. Et une voix de femme , une voix pas jeune mais  pleine de vie, une voix qui sort d'une ouverture, qui remplit l'impasse un instant :  Bert*, rentre ta chemise blanche, elle doit être sèche....! Je m'éloigne, je ne veux pas accrocher la vue de Bert, pas déranger comme une sauvage cette si jolie solitude. Et je repars vers la salle où quelqu'un pose la question de .... la grève générale!

* diiminutif de Albert, ici en tout cas.

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09 octobre 2008

défense nationale

Mercredi 7h30: journée "d'appel et de préparation à la défense" du Fiston, je me lève pour l'accompagner à la base militaire. 7h40: je bois mon café, Fiston passe à côté de moi , voix de Stalonne dans Rambo mon colonel, je voulais pas tuer les gens, je rigole. 7h45, voix maternelle tu as toutes tes affaires? réponse toujours très rambesque bien sûr mon colonel, je re-rigole. 7h50, voix filiale authentique euh, je ne retrouve pas ma ....carte d'identité.....Je ne rigole plus du tout, je m'énerve, l'enjoins de chercher immédiatement! -Mais comment tu veux que je cherche si tu me fais monter la pression..?!

Finalement, Fiston n'a pas été passé en cours martiale, est rentré à la base avec ....sa carte de bus! S'est même payé le luxe de demander "pourquoi on envoie des gars en Afghanistan", s'est vu répondre par un gradé dont la description ressemble aux BD de Cabu que c'est .....pour luttter contre le trafic de drogue! Le même leur a dit un peu plus tard que les français ont voté "non" en 2005, que c'est la plus belle c...... qu'ils aient faite....

Bref, ça a été une journée sombre, dans les bases militaires,à Wall Street et même dans le ciel.

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07 octobre 2008

Massilia

Dimanche, c'était break; le stop, le vrai. C, J et moi en virée, excitées comme des ados en fugue. Et tant pis pour ce monstre capitaliste qui tente de toutes ses forces de nous entraîner dans sa descente aux enfers, oubliés le ménage, oubliés ou presque la famille, les hommes, c'était notre journée. Marseille. La si belle où les couleurs et les épices des mille et une nuits cotoient la misère. Où même les églises ont un petit air d'orient. Juste en face de ma terre natale à moi.

D'abord, une station devant la façade restaurée de l'Alcazar, pour saluer les fantômes de Piaf, Brassens, Chevalier, et tous les autres.Après, ça a été la porte d'Aix, le quartier du souk. Le tajine sublime, les yeux de velours des garçons, les azulejos. Les djellabah, la première leçon de marchandage de C.. La mama sénégalaise qui m'a enturbannée avec mon écharpe. Les fou-rires, le thé à la menthe au milieu du vacarme.

Le soir, on a dit en choeur un très gros mot à nos banquiers respectifs, et hop, soupe de poissons sur le Vieux Port. La Bonne Mère qui brille doucement dans la nuit.

Sur le chemin du retour, la voiture sentait le cumin, le carvi, la coriandre. Nous, on chantait.

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02 octobre 2008

tiens, un blog

Que le temps passe vite, aurait dit je ne sais plus qui: il suffit d'une tendinite qui dure, dure, de la détentrice de la dite tendinite qui fait des c...... avec son traitement et se retrouve aussi à plat que les pneus de sa bagnole, d'une "conjoncture" socio-économique qu'il n'est pas besoin de décrire pour expliquer le boulot énorme à accomplir pour enfin, un jour, peut-être arracher ce p..... de pouvoir aux vautours de Wall Street, Bruxelles, et j'en passe. Une Princesse qui va partir bosser 6 mois chez ceux qui ont les moyens de prendre des vacances à la neige, un Fiston qui se fait exploser le nez au rugby et un Fils Ainé qui navigue entre spleen, interims et une jeune beauté qui joue à la valse hésitation. J'ai quand même fêté mes .....53 -voilà, c'est fait, je l'ai dit, ouf- bougies, sans bougies, mais au comptoir avec du rhum et 5 êtres aussi fondus que moi, mais merveilleux, ô combien ,qui m'ont couverte de cadeaux: une écharpe avec des perles, des couleurs pour mes cheveux, du café de luxe, des chocolats, de la confiture de cerises -de- la -vraie -de -vraie, et des roses rouges, jaunes, oranges, un buisson de roses.

Je me couche tôt pour me lever tôt, je prends le café enroulée dans mon poncho sur le balcon. Je me dis tiens aujourd'hui je vais faire un tour sur le blog, ils me manquent, cet après-midi, voilà que la BB (Bretonne Blogueuse), m'appelle. C'est un signe, n'est-ce-pas?

Je ne peux pas vous proposer un café alors je vous offre un petit lever de soleil.

                                               sunrise

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