25 mars 2009
le bruit et la fureur
C'est hier soir, je viens de passer mes 2 heures avec une bande de loustics hauts comme 3 tomates cerise, mais dont un certain nombre connait déjà par coeur toutes les insultes et la gestuelle qui va avec. Une petite a quand même compris le système des divisions, un autre a découvert les suffixes, je suis sur les rotules mais le résultat n'est pas si nul.
Au carrefour où se trame l'économie parallèle du quartier, la bande se bat au milieu de la route à coups de sacs à dos, de pieds, je pile, je descends de la voiture: allez, ça suffit, rentrez chez vous! Je ne l'avais pas vu, il s'avance sur la route, il doit avoir 25 ans, c'est difficile à dire, le visage est tourmenté, le regard pas très clair, la casquette réglementaire vissée sur la tête: t'es qui, toi? .........Je réponds le plus calmement possible que je connais ces enfants, je travaille avec eux, que j'interviens en tant qu'adulte. Ca ne dure pas très longtemps, mais la fatigue aidant, je réagis au quart de tour au "allez, trace ta route", je vais vers lui, je pense quand même à toute vitesse que démarrer un baston serait une très mauvaise idée! Des gars qui n'ont rien vu s'approchent et me prennent à parti, je guette du coin de l'oeil l'entrée de l'épicerie, si ça chauffe, je m'y réfugierai. Mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas peur, juste énervée, très énervée. Je me retourne vers les minots qui regardent en rigolant, ils détalent, je balance aux "grands" quelques mots polis mais secs, je remonte dans ma voiture, je rentre chez moi lessivée.
Fiston m'explique que, franchement, depuis le temps, je devrais savoir....Je suis sur mon canapé, bougies, Scott Fitzgerald ("la fêlure"), je repense à la balade de dimanche dernier, le sntier littoral entre L'argentière et Brégançon, avec mes amis za moi, ma famille parallèle, ça va mieux.

20 mars 2009
l'émancipation des travailleurs
Des jeunes, des moins jeunes, des carrément vieux, des profs, des blouses blanches, des employés de supermarchés, des chômeurs, les gars de l'arsenal,les dockers , ceux qui ont bloqué le port de Toulon il y une semaine et qui ont....gagné, et même, mais oui....des flics, sans uniforme, badge discret, la police nationale en colère.....,des mamans avec les poussettes, l'association des victimes de l'amiante, les pompiers, de partout des banderoles et eux, là, c'est qui , 1 heure pour arriver à décoller de la place, à l'arrivée on est derrière, mince on a raté l'Internationale!
Aujourd'hui, les grands chefs, les secrétaires de nos syndicats à nous qui disent que non, y a pas le feu, pourquoi s'énerver avant le 1er mai....Allons-nous être obligés de prendre le pouvoir??!

18 mars 2009
c'est de saison
Les semaines, les journées, les heures se bousculent, à peine si j'ai le temps de me plonger dans un bouquin le soir. Là, j'ai attaqué "Splendeurs et misères des courtisanes " de ce cher vieux Honoré de B., c'est un pavé, je vais avoir le temps de penser que j'aurais fait une courtisane désastreuse.
Heureusement, le printemps arrive, avec toute une suite de trucs magiques qui font -légèrement- pâlir les emmerdes. L'air est doux, Fiston guette le retour des jupes, la colline a encore un petit air de jardin anglais.
L'autre soir, je rentre de chez K., j'avais une petite envie de chemins buissonniers: et puis, le matin même, j'avais trouvé à la friperie de la croix rouge un manteau en cuir, c'est fou comme je me sens invincible quand je le porte, Wonder Woman peut aller se rhabiller! Je me gare en bas du vieux Hyères, le bar est ouvert, il ya même un tabouret libre au comptoir, la bise au patron, un demi s'il te plait et ...je vous en offre un autre...? Un monsieur pas trop mal ma foi qui sourit, a envie de parler, je suis bien, je ne pense même pas à lui parler du parti, c'est dire! Et puis il est tard, salut à une prochaine peut-être, je repars à ma voiture gonflée à bloc, je suis la nouvelle Mata Hari.
Dimanche, c'est dimanche, je ne fais rien ou presque (c'est toujours le jour de la semaine où je n'arrive pas à me connecter à internet, grrr). Allez, hop, les puces avec Fiston et ses potes. Ma minuscule et antique voiture pleine de djeuns qui ricanent bêtement et me font m'esclaffer tout aussi niaisement. On se gare un peu loin, histoire d'éviter la cohue des parkings, on marche sur la piste cyclable, l'air est tiède, un vol de flamants nous bloque un instant. les 3 lascars marchent plus vite que moi, je m'attarde à contempler les anciens salins, à oublier le béton tout proche, à faire semblant d'identifier les oiseaux qui batifolent dans l'eau.

Fiston a trouvé le short qu'il-faut-avoir (1 €), j'ai acheté des verres pour pallier à la casse familiale, un polar, nous sommes revenus en trainaillant, que c'est bon de prendre son temps.
04 mars 2009
Clint
C'est hier soir, j'ai besoin de me remettre de la douche écossaise infligée par les assedic (on ne vous paye plus, ah si vous avez des droits, euh attendez faut qu'on vérifie, et puis tiens allez on va vous payer), d'une discussion houleuse avec des gars qui ne savent pas que Staline est mort, de la fatigue en général. Et puis, ça fait des lustres que je n'ai pas mis les pieds dans une salle de cinéma; et puis le mardi, c'est mins cher; et Fiston râle parce que ses potes vont voir "un truc de gros bouffon de Luc Besson" (citation).
Donc, sur la foi des propos de Fils Ainé qui l'a vu la semaine dernière, nous allons voir "Gran Torino", avec le vieux Clint, mais qu'il est beau, nom de zeus. Oui, c'est sûr, il y a un peu trop de bons sentiments,le vétéran réac qui se découvre un coeur, ok.
Mais Fiston et moi, on s'en fout, on a a-do-ré.
C'était la critique du mercredi, il pleut, je suis enrhumée, j'avais envie d'écrire que le vieux Clint, je le kiffe trop.

