Je reviens de la pharmacie, parce qu'en plus d'un genou qui déraille (rhumato en janvier, youpie), j'ai chopé une bonne crève. Ils sont une dizaine devant l'entrée de l'immeuble: devant, pas dedans, hier soir, les copains de Fiston ont fait service d'ordre. Je dis bonsoir, ben oui, j'ai été élevée comme ça, je dis bonsoir, même à des merdeux qui nous pourrissent la vie. Certains répondent, d'autres s'enfoncent la capuche sur les yeux, je passe.

Et j'entends elle peut aller se faire en..... la femme. Je bloque, mes baskets font un très joli dérapage contrôlé dans le hall de l'immeuble. L'auteur de ces propos ô combien poétiques est assis par terre, pue la bière et fume un énorme truc. D'abord je demande si, dans leurs familles respectives, on peut parler aux "mamans" de cette façon, Un encapuché qui doit avoir 16 ans à tout casser ricane bêtement, un autre concède que non, un troisième ajoute que faut pas faire attention madame, il est fou et en plus il a un couteau. Trop tard, je craque. Je sais, une personne sensée rentrerait chez elle et au pire, appellerait la maison poulaga qui de toute façon ne se déplacerait pas. J'engueule tout le monde, il ya comme un silence. Que le "fou" rompt par des propos plus qu'obscènes en me crachant son haleine chargée au nez.

Là, je fonce chez moi, et, à peine rentrée, tout me tombe dessus. La fatigue, marre de la situation de "précarité", et en plus je me fais insulter. Mes 3 à moi sont là, m'interrogent. Fils Ainé se fige, enfile ses pompes à toute vitesse, Fiston le suit. Maman tu restes là, on s'en occupe. Mais le mot "couteau" est là, je dévale l'escalier derrière eux, j'oublie mes genoux. Fils Ainé, impressionnant (il soulève de la fonte tous les soirs avant de se coucher quand même), la colère froide alors c'est lequel qui insulte ma mère.....L'insulteur a récupéré son casque, je me tiens à 20 cms de Fils Ainé toi tu m'insultes pas mais tu touches pas non plus mon fils. Et puis tout s'accélère, Fiston se tourne vers un gars haut comme 3 pommes tu sais ce que c'est le respect, et un copain débarque. K qui a grandi en même temps que Fiston, qui a récemment laissé tomber la console de jeux pour le coran certes, mais qui a été champion de tae-kwen-do , qui en a gardé une carrure fort respectable, et qui me fait la bise quand on se croise. L'insulteur se faufile, disparait dans la nuit. Les autres se lâchent un peu du coup, racontent la vie de ce gars, sa mère qui l'a foutu dehors, la prison , même au tribunal, il a mal parlé au juge. Fils Ainé toise tout le monde, Fiston a les bras croisés, K résume, vous rentrez chez vous, on veut plus vous voir. Cette dame elle est gentille, alors vous la laissez se reposer, ça suffit maintenant.

Après, K. demande à Fiston si il peut l'aider pour un exercice d'"arts appliqués", Fiston rigole et part avec lui, Fils Ainé va voir sa chérie, mais oui maman je fais attention, c'est des morveux, allez bonne soirée.

Mais à Toulon , Nicolas S., l'autre soir, s'est félicité. Tout va bien donc....