20 mars 2009
l'émancipation des travailleurs
Des jeunes, des moins jeunes, des carrément vieux, des profs, des blouses blanches, des employés de supermarchés, des chômeurs, les gars de l'arsenal,les dockers , ceux qui ont bloqué le port de Toulon il y une semaine et qui ont....gagné, et même, mais oui....des flics, sans uniforme, badge discret, la police nationale en colère.....,des mamans avec les poussettes, l'association des victimes de l'amiante, les pompiers, de partout des banderoles et eux, là, c'est qui , 1 heure pour arriver à décoller de la place, à l'arrivée on est derrière, mince on a raté l'Internationale!
Aujourd'hui, les grands chefs, les secrétaires de nos syndicats à nous qui disent que non, y a pas le feu, pourquoi s'énerver avant le 1er mai....Allons-nous être obligés de prendre le pouvoir??!

18 mars 2009
c'est de saison
Les semaines, les journées, les heures se bousculent, à peine si j'ai le temps de me plonger dans un bouquin le soir. Là, j'ai attaqué "Splendeurs et misères des courtisanes " de ce cher vieux Honoré de B., c'est un pavé, je vais avoir le temps de penser que j'aurais fait une courtisane désastreuse.
Heureusement, le printemps arrive, avec toute une suite de trucs magiques qui font -légèrement- pâlir les emmerdes. L'air est doux, Fiston guette le retour des jupes, la colline a encore un petit air de jardin anglais.
L'autre soir, je rentre de chez K., j'avais une petite envie de chemins buissonniers: et puis, le matin même, j'avais trouvé à la friperie de la croix rouge un manteau en cuir, c'est fou comme je me sens invincible quand je le porte, Wonder Woman peut aller se rhabiller! Je me gare en bas du vieux Hyères, le bar est ouvert, il ya même un tabouret libre au comptoir, la bise au patron, un demi s'il te plait et ...je vous en offre un autre...? Un monsieur pas trop mal ma foi qui sourit, a envie de parler, je suis bien, je ne pense même pas à lui parler du parti, c'est dire! Et puis il est tard, salut à une prochaine peut-être, je repars à ma voiture gonflée à bloc, je suis la nouvelle Mata Hari.
Dimanche, c'est dimanche, je ne fais rien ou presque (c'est toujours le jour de la semaine où je n'arrive pas à me connecter à internet, grrr). Allez, hop, les puces avec Fiston et ses potes. Ma minuscule et antique voiture pleine de djeuns qui ricanent bêtement et me font m'esclaffer tout aussi niaisement. On se gare un peu loin, histoire d'éviter la cohue des parkings, on marche sur la piste cyclable, l'air est tiède, un vol de flamants nous bloque un instant. les 3 lascars marchent plus vite que moi, je m'attarde à contempler les anciens salins, à oublier le béton tout proche, à faire semblant d'identifier les oiseaux qui batifolent dans l'eau.

Fiston a trouvé le short qu'il-faut-avoir (1 €), j'ai acheté des verres pour pallier à la casse familiale, un polar, nous sommes revenus en trainaillant, que c'est bon de prendre son temps.
04 mars 2009
Clint
C'est hier soir, j'ai besoin de me remettre de la douche écossaise infligée par les assedic (on ne vous paye plus, ah si vous avez des droits, euh attendez faut qu'on vérifie, et puis tiens allez on va vous payer), d'une discussion houleuse avec des gars qui ne savent pas que Staline est mort, de la fatigue en général. Et puis, ça fait des lustres que je n'ai pas mis les pieds dans une salle de cinéma; et puis le mardi, c'est mins cher; et Fiston râle parce que ses potes vont voir "un truc de gros bouffon de Luc Besson" (citation).
Donc, sur la foi des propos de Fils Ainé qui l'a vu la semaine dernière, nous allons voir "Gran Torino", avec le vieux Clint, mais qu'il est beau, nom de zeus. Oui, c'est sûr, il y a un peu trop de bons sentiments,le vétéran réac qui se découvre un coeur, ok.
Mais Fiston et moi, on s'en fout, on a a-do-ré.
C'était la critique du mercredi, il pleut, je suis enrhumée, j'avais envie d'écrire que le vieux Clint, je le kiffe trop.
26 février 2009
le pointu
A la demande quasi-générale (hum):
Le pointu s'appelle ainsi parce qu'il est ....pointu. Le pointu arborait autrefois de fort jolies voiles latines, maintenant il a un petit moteur : les derniers pêcheurs varois (ceux que Bruxelles n'a pas encore asphyxiés) l'utilisent. A l'avant, le pointu a une forme très phallique sur laquelle on se perd en conjectures, je me contente de penser quand j'en vois un "étêté" qu'il est castré!
Il est de bon ton, quand on a quelques euros de trop d'acheter un pointu pour le recycler en bateau de promenade, non, je n'ai encore jamais vu personne jeter des cacahuètes aux pêcheurs, mais, à mon avis, ça va venir.Et oui, j'ai une aversion caractérisée pour les pointus posés au milieu des plates-bandes des rond-points, la même que pour les charettes ou autres pressoirs exilés.....

25 février 2009
ce matin
Ce n'est pas les vacances pour tout le monde: mon Fiston à moi est en stage BAFA, objectif plus ou moins avoué: trouver un job de vacances pour pallier au manque d'argent de poche . Le stage se déroule dans un joli coin caché derrière La Londe, un petit trou entre mer et lotissements en faux ocre, le village d'Asterix à 2 pas de la côooote.Le matin, jusqu'à samedi, pas de grasse matinée pour moi, il faut voiturer Fiston.
Il est encore tôt, j'ai déposé mon latin lover en herbe ( le stage: 24 jeunes dont....22 filles). Je longe une rangée de villas un peu trop propres,râle sur les pointus (ceux qui ne savent pas ce qu'est un pointu se renseigneront) transformés en déco de rond-points, et puis, la lumière est trop jolie, je gare la voiture. Un petit chemin qui longe les vignes, là-bas, derrière les pins, il y a la mer . "Ils" n'ont pas encore tout saccagé.
Et la journée prend un petit air de vacances, finalement.
23 février 2009
passagère fée du logis
Bloquée at home par une clavicule qui a décidé de m'enquiquiner (le mal des militants qui trimballent trop de papiers, les gars ont mal au dos, moi à l'épaule), je mets le nez dans une caisse de vieux papiers: au fond, une pochette poussiéreuse, pleine à craquer, je me retrouve sur le canapé à rêvasser.
D'abord, une lettre d'amour, une vraie de J., qui a su me faire trembler, vibrer, bref aimer pendant 7 ans et qui ne comprend pas que certaines cassures sont impossibles à rafistoler. Ce doit être la seule lettre que cet homme m'ait envoyée, peut-être y-a-t-il dans un autre carton 1 ou 2 cartes postales, mais cette lettre, ah cette lettre...Comment avais-je pu l'oublier? Des mots qui caressent,qui promettent, c'est beau comme une barcarolle d'Offenbach, mon amour lointain, tu aurais du m'écrire davantage, sais-tu?
La deuxième re-trouvaille est un rectangle de papier jauni plié en 2, une ligne rouge en diagonale, "permis de communiquer accordé à ....... pour le détenu....... ". Et d'un coup, je revois le petit C., ses longs cils,ses débuts de sourire. Le petit C. avait à peine 20 ans,sa mère l'avait largué à la sortie de l'adolescence, il avait brûlé 1 ou 2 voitures dans son patelin, hop derrière les barreaux; moi, je travaillais (quel joli mot) dans un lieu improbable, mais tellement beau, en haut d'une collinne entourée par la mer, une association un brin catho mais pas trop, nous y acceuillions des gars écorchés, balafrés par lavie, des hommes jeunes ou vieux qui sortaient d'hôpital, de prison, de la rue. Je m'étais prise d'intérêt pour le petit C., j'avais dévoré son dossier, j'avais voulu le rencontrer avant son arrivée. Il m'avait fallu batailler, je n'étais pas de la famille, pas visiteuse de prison, j'avais tellement enquiquiné les gens du greffe que j'avais un permis d'avocat, et quelques faveurs, un parloir individuel, le droit de donner des cigarettes au "détenu"....Plus tard, le petit C. n'a pas supporté l'humanité, il a foutu la pagaïe dans le bel endroit, il est reparti, je l'avais oublié, dans quelle geole cache-t-il son joli regard....
Et puis, une carte postale, c'est le verso qui compte: "To......, love, Tony Hopkins"...!!! Oui, oui, lui-même, Anthony H! Nous habitions alors, mes 3 marmots et moi, dans un joli et très insalubre endroit, à quelques mètres d'un atelier de poterie , un potier qui travaille à "l'ancienne", comme du temps de Picasso. Picasso, justement, James Ivory (ben oui, le même, il n'y en a qu'un) tournait un film sur lui et cherchait un atelier de poterie qui ressemble à celui du maître. Je n'ai pas résisté bien longtemps, j'ai un jour arrêté une voitrue pleine d'américains sur le chemin, j'ai demandé en bafouillant un peu la permission de venir voir: et le lendemain, je me suis retrouvée assise dans l'herbe au milieu de ma marmaille, juste à côté d'une maquilleuse très américaine et souriante, pétrifiée d'admiration, à regarder Hollywood en terre varoise. A la fin de l'après-midi, les prises étaient bonnes, la star s'éloignait, je me suis levée, la Princesse, haute comme 3 pommes m'a suivie: "il" s'est retourné, les mêmes yeux bleus que dans "le silence des agneaux", il a souri, nous a serrées contre lui, je ne touchais plus terre, la Princesse savait qu'elle était dans les bras d'une "star", laquelle, elle s'en foutait, elle allait en rebattre les oreilles de toute sa classe pendant longtemps...J'ai trouvé cette carte postale dans le fond de mon sac, ces quelques mots.....Hier la Princesse me l'a piquée. Il parait que le film est très mauvais.
19 février 2009
que ferais-je.......
Je ne le remercie pas. OK, j'ai enfin compris que "me faire taguer", ça ne veut pas dire retrouver ma voiture couverte de propos incitant à des sévices sur feue madame ma mère. Mais, c'est quoi, cette question à la noix...? Notre bretonne aurait-elle abusé du chouchenn???? Enfin, le temps étant aussi morose que "le plan de relance" (grrrr), sans imagination pour "le cadeau pas cher mais sympa" pour la Princesse qui a 22 ans ce jour, je vais prendre 5mns pour m'y coller.
Que ferais-je si il me restait 500€ (à cette dâte du mois, c'est du pur délirium), et 500 secondes à vivre?
Choix 1: je pète la tronche à celui qui a décidé cette situation improbable, prends mes 500€, je paye le dentiste, le loyer en retard, m'achète un PC, ah non ça suffit pas.
Choix 2: j'achète une bouteille d'armagnac, des trucs à fumer, je mets à fond la caisse le concerto pour clarinette de Wolfgang-A., mes voisins mettront moins de 500 secondes à me faire taire, je n'en doute pas.
Choix 3: je donne le pognon à mes gamins, je monte sur la colline et j'attends que ça fasse comme pour le vieil indien à la fin de Little Big Man: ça marche, donc je redescends, je reprends les biftons à mes zenfants, je commande des pizzas pour les faire taire.
Et maintenant, la vengeance, je passe le flambeau à:Thygo, pour achever de lui casser le moral, au Patriarche pour le faire rouspéter, et à Annie parce qu'elle va nous trouver un joli truc poétique, même si ça l'énerve......
18 février 2009
ça continue
Le super-larbin du capitalisme vient de le dire, c'est sans surprise, il continue.
De l'autre côté des mers, des descendants d'esclaves sont en colère, alors on leur envoie la cavalerie, ça les énerve, et bien sûr ça dérape: mais qui a dérapé le premier...?
Fils Ainé attend son RMI ...depuis novembre, Fils Ainé est cool, il n'a pas envie de brûler des voitures, si il le faisait, je crois bien que je le comprendrais.
C. me téléphone, 2 mois de loyer impayé, C. "gagne" 900€/mois, j'entends les larmes dans sa voix, je fais ce que je peux.
Heureusement, il y a les copains, ceux qui me jurent que, le jour où on construira la barricade, il y aura du rhum et du tajine, ceux qui téléphonent parce qu'ils ont "des voisins qui veulent parler politique". Heureusement, il y a l'H. qui passe 3 heures dans un bistrot à m'aider à préparer la réunion du quartier, qui paye mon (très bon) sandwich-kefta d'un air impérial.
Heureusement, Fiston rentre avec une brassée de mimosa dont il ne précise pas l'origine, je soupçonne l'escalade de clôture, m'en fous, j'aime trop le mimosa.
Et puis, cet après-midi, j'ai une heure à perdre dans les rues de Toulon, le vent de février me gèle le nez, mais les couleurs sont là. Je longe le port, je tourne le dos aux boutiques de souvenirs et aux terrasses trop chères; là, au bout, à quelques mètres des immeubles d'après-guerre, des petits bateaux pas reluisants, des hommes, des filets étalés sur le bitume, des vieilles dames qui échangent quelques mots. Je vole le moment, je repars un peu plus légère.

08 février 2009
un peu de douceur dans ce monde de
C'est la mouise, dit mon assistante sociale au téléphone parce que la CAF, qui fonctionne avec des moyens réduits à peau de chagrin, a fait une erreur sur ...1500 dossiers, rien que ça, dont le mien bien sûr: et hop, plus d'allocs!
Fils Ainé se retrouve rmiste, il ne voyait pas sa vie comme ça, moi non plus, il craque, je pleure,mon coeur de mère fait des loopings sans filet, et puis on s'essuie les yeux, on est en vie ouf.
R. a reçu son avis d'expulsion, R. est divorcée, elle n'a jamais travaillé, tout ce qu'elle sait faire, c'est s'occuper des enfants qui n'ont plus besoin d'elle, elle "gagne" 500€ par mois, R. a peur: alos "on" ne va pas laisser faire ça bien sûr, mais j'ai une furieuse envie d'aller piqur des madriers et de monter une barricade: oui, je sais, je me retiens.
Notre président à nous nous a offert une parfaite prestation de super-larbin du capitalisme, sans surprise, certains s'en offusquent, les faux-culs, feraient mieux d'aller discuter avec les gens de ma cité, si révolution il y a, c'est là qu'on la construira, pas sur les pateaux de TV!
Mais le soleil est revenu, l'H. m'offre des roses d'un air détaché (ça te fait plaisir, non...?), j'en reste sans voix, et je décide de recommencer à sourire.

04 février 2009
une pétition

Aux cotés du Planning Familial,
défendons le droit à l'information,
à l'éducation, à la sexualité,
pour toutes et tous

Aux cotés du Planning Familial,
défendons le droit à l'information,
à l'éducation, à la sexualité,
pour toutes et tous
En diminuant de 42 % dans la Loi de Finances 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial, l’Etat programme à très court terme la suppression totale des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple et affective.
Par cette décision, l’Etat montre sa volonté d’abandonner les missions qui sont les siennes quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité, la sexualité. Il se désengage, par là, de la préparation des jeunes à la sexualité, à leur vie de couple et à la fonction parentale. Il marque son désintérêt pour les pratiques d’accueil et de conseil, qu’elles soient mises en oeuvre lors d’activités collectives ou d’entretiens individuels.
Ces missions d’utilité publique sont donc très clairement menacées par la baisse des financements, déjà largement insuffisants, alors que la Loi Neuwirth a clairement affirmé le rôle essentiel joué par les associations aux côtés de l’Etat.
Pourtant, dans une société où les relations filles-garçons sont de plus en plus marquées par la violence, où les campagnes nationales de prévention et d’information ont besoin des relais de terrain pour être efficaces, ces missions définies par la loi, plus que jamais, sont primordiales !
450.000 personnes bénéficient chaque année des actions du Planning Familial dans ses 70 associations départementales de Métropole et des DOM. La conséquence de cette brutale démission de l’Etat est la fermeture programmée d’un grand nombre de ces lieux d’accueil individuels et collectifs.
L’Etat doit assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité, et la prévention pour toutes et tous conformément à l’article 1 de la Loi 73-639 du 11 juillet 73.
L’Etat ne doit pas supprimer les lieux d’écoute et de parole, mais les développer.
L’Etat ne doit pas supprimer les interventions collectives, mais les développer.
L’Etat doit donner aux associations qui assurent ces missions, les moyens aujourd’hui nécessaires, pour le développement de leurs activités et de leurs interventions.
Tous ces acquis sont récents, ces droits sont fragiles,
Nous avons lutté pour les obtenir,
luttons ensemble pour les défendre !
Vous souhaitez soutenir Le Planning Familial, signez la pétition.

