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de près et de loin

28 mai 2009

fraternité

   plan_la_fraternite  Hier   soir, sur les écrans de l'étrange lucarne, elles étaient 2, vêtues de couleurs claires, maquillages parfaits, coupes de cheveux nettement plus fraiches que la mienne. Main dans la main, le regard légèrement illuminé, des mots que même leurs proches ont du mal à croire , mais rien de rien, même pas un petit bout de phrase en direction des dizaines, centaines de milliers de pauvres ploucs licenciés ou en voie de l'être , ceux qui vont faire augmenter la moyenne nationale de consommation d'antidépresseurs: si ils en ont les moyens, parce qu'avec les franchises médicales......

Pendant ce temps, dans un local du sud de la France, nous sommes 8: 5 hommes, 3 femmes   . De 3 partis politiques: de celui des 2 madones, de celui qui fut le plus grand après guerre, du mien enfin du nôtre.    Ca commence tranquille, très courtois, je sors les canettes du frigo  , histoire de faire un peu familial. Et puis un homme, un de ceux qui a de la route au compteur, il y a un an il ne m'aurait même pas dit bonjour , attaque: vous voulez faire l'unité, alors pourquoi vous ne venez pas avec nous à la préfecture...? Il s'énerve un peu, le camarade  , alors on le calme: parce que personne ne nous l'a proposé  ! C'et bon, les premiers tirs s'arrêtent, on peut discuter. Pendant 3 heures. Dimanche, nous serons tous sur le marché, chacun avec le badge de "son" parti, mais ensemble.    Parce qu'il faut que ça s'arrête! Et que, si nous ne sommes pas entendus, la semaine suivante, on sera encore plus nombreux. Partout. Que peu à peu, on va dégommer la bête avec nos lance-pierres, il n'y a pas d'autre solution.   Qu'on va leur rappeler , aux grands chefs de la gôche, qu'ils sont là pour la classe ouvrière, et pas pour se choper des postes de députés européens grassement payés à faire appliquer des directives videuses de frigos et d'espoir .

On se sépare avec le sourire, et même on se fait la bise. Et je me dis que le mot "fraternité", c'est bien autre chose qu'un slogan raccoleur.       

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27 mai 2009

encore un jardin

Celui de D.: un comme je les aime, avec des ronces, des herbes folles, un hibiscus qui part dans tous les sens, des citronniers, des orangers, une table faite avec une bobine de cable électrique, des chaises bancales, un parasol.

D. raconte en servant le café: comment elle a eu mal encore toute la semaine dernière, qu'elle en a marre de faire des centaines de kilomètres pour rencontrer de "grands" professeurs qui la font attendre dans des salles d'attente où il n'y a rien à lire et qui ne lui trouvent rien. Pas même un petit kyste, ni une micro infection, un truc insignifiant qui pourrait expliquer la douleur. Alors elle est retournée voir son généraliste, elle lui a dit que ça suffit, elle a réfléchi, sa douleur vient de beaucoup plus loin que ses organes. Elle me parle en remuant son café, l'enfance violée, la mère disparue au moment où il ne fallait pas, ce boulet qui l'empêche d'avancer. Alors, j'ai pris rendez-vous avec un psy, et tu sais quoi, je ne l'ai pas encore vu, mais j'ai déjà moins mal!

Elle relève la tête, il y a du rire au fond de ses yeux bleus, elle me prend la main un instant. Quand je m'en vais, elle remplit mon sac de branches de laurier et de citrons du jardin.

                                   citrons

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23 mai 2009

au jardin

C'est moi qui ai eu l'idée: parce qu'il y a du soleil, plein de soleil, que les terrasses de bar, c'est sympa mais ça coûte, que chez moi, c'est le bronx comme d'hab, chez lui n'en parlons même pas, les cartons de pizza et les cendriers pleins ça me déprime. C'est comme ça que l'H. et moi nous sommes retrouvés sur un banc du jardin pour faire le "point politique de la semaine".

J'avais juste oublié qu'un jardin au printemps c'est joli, que les parfums, les chants d'oiseaux, ça me pousse encore un peu plus à la rêverie.

-est-ce que Machin est encore abonné.....tu ne m'écoutes pas là?

-mais si je t'écoute, je regardais comme c'est beau derrière nous

-(regard par dessus l'épaule) ben quoi c'est des plantes!

-...................................................................................

                                     000_0245

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21 mai 2009

une nuit ici

T. est un ami de longue dâte. Une amitié un brin surréaliste, lui, le planeur, un vrai poussin monté en graine, moi et mon style bulldozer qui ai le temps de poser 3 questions pendant que T. réfléchit encore à celle que je lui ai posée la veille. Je ne compte plus les fois où je l'ai envoyé paitre, ni celles où il m'a fait la gueule parce que j'avais ramené la dure réalité sur la table sans prendre de gants. Et pourtant, c'est d'une vraie histoire d'amitié qu'il s'agit, de celles qui survivent aux amours malheureuses, aux galères du quotidien; qui s'enrichissent de soirées enfumées et arrosées, de fou-rires , de balades au bord de l'eau, de confidences glissées autour du café du dimanche; une de ces amitiés qui fait oublier le reste du monde quand l'un des deux a le coeur qui pleure.

Il y a quelques temps, mon grand oiseau tombé du nid, éternel célibataire , rencontré au marché aux puces m'a annoncé qu'.....il était papa!!!!! Bien sûr, j'ai questionné. J'ai appris qu'une certaine personne avec qui il avait eu une relation calamiteuse il y a quelques mois avait été enceinte de ses oeuvres, comme on dit, avait décidé de garder l'héritier, mais. Mais ne voulait pas vivre avec lui. Mais ne voulait pas qu'il reconnaisse le baby. Acceptait tout de même que T. l'ait chez lui le week end, que d'ailleurs au passage, il me  signalait que c'était assez facile de préparer un bib, se lever la nuit, etc. J'ai digéré l'info, félicité (ça se fait), suis rentrée sceptique quant à l'attitude de la maman. Et puis, dimanche dernier, dans la grisaille parisienne, le texto est tombé. Catastrophe, la lady avait disparu, T était sans nouvelles de son petit. J'ai rageusement pianoté sur mon mobile pleure pas, j'arrive, je vais t'aider.

Hier soir, au retour d'une réunion-fleuve (unité pour la classe ouvrière, merde!), je me suis arrêtée chez mon ami, mon frère, prête à le prendre sur mes genoux si nécessaire en dépit de son presque double mètre. Whisky, cendrier, le ton est donné, on va parler. Et là, THE surprise. T. est enfin sorti de son monde de bisounours, a fait des pieds et des mains, a réussi à reconnaitre son baby (la mère fait la gueule, parait-il....), a déjà contacté une avocate, va demnder un droit de garde, cherche un appart pour  préparer une chambre pleine de jouets,  une nouvelle voiture pour y installer confortablement le loustic et le matos nécessaire. J'ai admiré la montagne de photos (regarde, il a la même bouche que moi), me suis tranquillement arsouillée avec le géniteur,j'ai affirmé sans hésitation que j'étais prête à signer tous les témoignages de "bonne moralité" du monde. Nous nous sommes quittés fort tard avec le sourire, il y a un nouveau dans l'histoire!!!!

Je suis rentrée en me tordant les pieds sur mes nouvelles mules à petits talons de bois (mais qui font un si joli bruit). La nuit sentait le jasmin et la fleur d'oranger, finalement l'été va être aussi chaud que d'habitude. Je me suis demandée si il faisait aussi bon à la même heure sur le quai de la Mégisserie.

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18 mai 2009

samedi dimanche lundi

Non, chère amie et néanamoins camarade bretonne, ce n'est pas vrai, le meeting de la place de la République (une et indivisible, merde) n'a pas été boycotté par les médias: un copain a été interwievé par une chaîne....iranienne! Remarque, les iraniens ont la bombe certes mais les femmes de là-bas commencent à envoyer bouler ceux qui les empêchent de vivre , la révolution arrivera peut-être de ce côté. Enfin bon, l'AFP avec une dépêche de quelques lignes, ça n'aurait pas été mal non plus: le Parisien d'hier relatait une manif de je sais plus où contre un circuit de formules 1, c'est sûr faut savoir choisir ses priorités quand on est aux bottes du grand Kapital.

Après, moi, j'ai pris des vacances, on peut vouloir la révolution et ne pas rentrer dans les ordres, si si, c'est possible. La preuve. 2 nuits, presque 2 jours ,famille, balades dans Paris qui est si belle même si il a fait un temps pourri; un resto japonais avec du karaoké chinois; près de Beaubourg, dans un bar très clean, le genre d'endroits que je fuis d'habitude, une heure avec les magnifiques, les 2 plus beaux garçons de la région , de ceux dont on dit qu'"ils n'aiment pas les filles", ce qui est une ineptie, la Frangine et moi, on est nettement des bipèdes femmelles et ces 2 là nous traitent comme des princesses; une heure de rires, de discussions délicieuses, le nirvana c'est possible même dans les bars branchouillés.

Les très très belles choses comme le quai de la Mégisserie, les ponts, les jardins aperçus dans l'entrebaillement d'un porche, mais aussi la banlieue. 5 bonzes à la queue leu leu dans une petite rue, une boutique toute petite toute vieillotte, des lettres un peu écaillées le petit Paris confection pour les femmes élégantes, l'ancienne manufacture des oeillets méathaliques, il parait que c'est des apparts pour les gens qui n'ont pas de problèmes pour remplir leurs frigos, même pas pour acheter un billet d'avion pour aller oublier la crise dans des pays où les gens sont encore plus asservis que chez nous: mais qu'est-ce que c'est beau.

Le train du retour, une partie du voyage en face d'une petite gisquette de 19 ans et son bébé, elle me trouve sympa, elle parle fort, elle chante des chansons en arabe à sa choupinette, je repense à ce gamin pas épais, 16-17 ans à vue de nez, qui faisait la manche à un carrefour entre les voitures , comment mon coeur s'est emballé, chienne de vie .

La prochaine fois, faudra que je fasse plus de photos.

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15 mai 2009

les camarades!

Y a ceux qui voudraient que le peuple français sorte les baïonnettes, les fourches, et parte à l'assaut, à qui il faut expliquer que verser du sang n'est peut-être pas la solution, enfin pas tout de suite....

Ceux qui ne font rien, à part exposer de brillantes théories, et qui donnent des conseils judicieux, en attendant le grand soir.

Ceux qui râlent , mais qui sont toujours prêts à se lever à des heures impossibles, à préparer à manger pour tout le monde, ceux-ci sont plutôt des "elles " en général, va savoir pourquoi.

Ceux à qui il faut expliquer 12 fois dans l'année que, non, la (plus que modique) cotisation, c'est pas pour te piquer du pognon, mais le parti ne paye pas les tracts et les affiches avec des coquillages.....

Ceux qui donnent envie de continuer à se battre, parce qu'ils savent, parce qu'ils ont vécu d'autres luttes, que même je me retiens pour ne pas leur dire merci.

Ceux qui sont toujours partants pour les campagnes financières, surtout quand il s'agit d'organiser une bouffe, arrosée copieusement de préférence.

Ceux qui ne répondent pas au téléphone, alors qu'il faut préparer le départ à Paname; alors je prends la voiture en fulminant (je deviens une pro du fulminage), je vais à Giens, 20kms aller-retour, merde. Mais une fois sur place, peuchère que la presqu'ile est jolie au printemps. Je fais le tour du village, y a des parfums partout, et la mer en bas , allez y a des bons côtés, faut pas croire.

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12 mai 2009

mon cher Philippe,

Dessin de Rémy Cattelain

j'ai lu ton canard pendant des années avec délectation; un jour, même à la FNAC, j'avais échangé quelques mots avec toi, je t'avais demandé conseil, une copine marocaine venait d'être embarquée de force là-bas pour y être mariée de force: tu m'avais donné des adresses, en prime, je t'avais trouvé très beau, ça ne gache rien. Et puis il y a eu des couacs. En 2005, tu te prononçais pour le oui; tu étais aussi pour la guerre en Irak; tu as viré Siné, qui ne fait peut-être pas toujours dans la dentelle, mais on est dans un pays où la liberté de presse et d'expression sont normalement des droits essentiels.

Donc, aujourd'hui que tu fais partie de la jet-set élyséenne (parait que tu es copain avec Carla B.?), que moi, je suis toujours du côté de la barrière où on se bat, mais où on mange plus souvent des patates (m'en fous, c'est plein de vitamines C) que du homard, je te le demande , mon cher Philippe, rembourse moi mon pognon!

A bientôt de l'autre côté de la barricade,

signé:une de celles qui feraient bien de jeter d'un coup toutes ses illusions, la naïveté ça va bien 5 minutes.

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11 mai 2009

et voilà

Ben oui, j'en ai eu marre de supplier ma Princesse qu'elle me prête SON portable, marre d'attendre que mme wi-fi veuille bien me connecter, j'avais tout largué. Même vous.

Depuis quelques jours, mon PC fonctionne comme une horloge suisse, ma connection est là, manque plus que la ligne fixe à activer, juste à me faire comprendre des correspondants de la hotline, qui doivent gagner quelques euros dans un pays outremer, les pauvres.

Et puis tiens, je vais revenir avec la colère, ça n'étonnera personne: hier soir, je fais un tour de oueb, histoire de voir que le monde est toujours aussi gris. j'atterris sur un site bien connu de certains. Le dernier post, j'ai oublié l'auteur, parle de "lambertistes", je lis. J'apprends que mon parti à moi, notre parti à nous, est composé de fantômes, que d'abord, la preuve, on passe beaucoup moins de nous à la télé que d'un certain facteur qui affectionne le langage djeuns, que les élections européennes c'est du caca (là je suis un peu d'accord) mais on est des gros tocards de pas y aller. Je m'énerve, je commente sur le champ, la révolution doit-elle être télévisuelle, dans ce cas là faut en parler au CSA, et surtout l'heure est-elle aux vieilles haines stériles ou à l'organisation pour enrayer cette machine infernale qui va générre un million de chômeurs supplémentaires en France en 2009?

Ce matin, curieuse de connaitre les réactions sinon de l'auteur (je crois qu'il s'agit d'un gars d'un groupe écolo breton, j'ai vraiment oublié son nom) tout au moins celles des autres lecteurs. Surprise, le post a disparu......

Les anars connaissent aussi la censure, c'est un scoop!

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02 avril 2009

Une lettre

Sur l'enveloppe, pas d'en-tête, l'adresse est imprimée, je pense à une pub, j'ouvre quand même.

A l'intérieur, l'en-tête du ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité,etc...

Madame, monsieur,

Parce que la revalorisation du travail et la lutte contre la pauvreté qui travaillent sont des priorités du président de la république, le revenu de solidarité active sera mis  en place à compter du 1er juin 2009, en faveur de 3,5 millions de ménages.

(Suit une ode lyrique à la gloire du RSA qui explique comment quelqu'un qui gagne 500€/mois va pouvoir y rajouter 2 ou 300€ et va être vachement content, le veinard)

Sans attendre cette réforme, le Président de la République a souhaité accélérer cette réforme pour répondre à la crise économique.

Une prime exceptionnelle de solidarité d'un montant de 200€ est donc versée à 3,8 millions de ménages les plus modestes, à partir du ( avril. A compter de juin 2009, le revenu de solidarité active prendra le relais.

(Ensuite, on m'explique, que pour avoir des infos, je peux appeler un numéro surtaxé)

En vous renouvelant le témoignage de notre solidarité, nous vous prions de croire, etc...

Et c'est signé.....Brice Hortefeux et Martin Hirsch..!!!!!

Moi je réponds: INTERDICTION DES LICENCIEMENTS!!!!!

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25 mars 2009

le bruit et la fureur

C'est hier soir, je viens de passer mes 2 heures avec une bande de loustics hauts comme 3 tomates cerise, mais dont un certain nombre connait déjà par coeur toutes les insultes et la gestuelle qui va avec. Une petite a quand même compris le système des divisions, un autre a découvert les suffixes, je suis sur les rotules mais le résultat n'est pas si nul.

Au carrefour où se trame l'économie parallèle du quartier, la bande se bat au milieu de la route à coups de sacs à dos, de pieds, je pile, je descends de la voiture: allez, ça suffit, rentrez chez vous! Je ne l'avais pas vu, il s'avance sur la route, il doit avoir 25 ans, c'est difficile à dire, le visage est tourmenté, le regard pas très clair, la casquette réglementaire vissée sur la tête: t'es qui, toi? .........Je réponds le plus calmement possible que je connais ces enfants, je travaille avec eux, que j'interviens en tant qu'adulte. Ca ne dure pas très longtemps, mais la fatigue aidant, je réagis au quart de tour au "allez, trace ta route", je vais vers lui, je pense quand même à toute vitesse que démarrer un baston serait une très mauvaise idée! Des gars qui n'ont rien vu s'approchent et me prennent à parti, je guette du coin de l'oeil l'entrée de l'épicerie, si ça chauffe, je m'y réfugierai. Mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas peur, juste énervée, très énervée. Je me retourne vers les minots qui regardent en rigolant, ils détalent, je balance aux "grands" quelques mots polis mais secs, je remonte dans ma voiture, je rentre chez moi lessivée.

Fiston m'explique que, franchement, depuis le temps, je devrais savoir....Je suis sur mon canapé, bougies, Scott Fitzgerald ("la fêlure"), je repense à la balade de dimanche dernier, le sntier littoral entre L'argentière et Brégançon, avec mes amis za moi, ma famille parallèle, ça va mieux.

                                      100_0812

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