09 mai 2008
non, vraiment....
....... ç_a_ne_peut_plus_durer_ !
07 mai 2008
du capitalisme, des hommes, des femmes et même des moulins

C'est le gaz qui augmente, 2 ème augmentation annoncée en été, nous allons tous nous laver à l'eau froide, c'est une "société de services" qui me propose 2 heures de boulot par semaine à 15 bornes d'ici (je refuse, merde), c'est la sécu qui me refuse la prise en charge à 100% pour le kiné, c'est les jeunes dans la rue avec, en face d'eux, une police aux ordres de ,qui multiplie les gardes à vue. Les "émeutes de la faim" là-bas, ici, oui chez nous, des directions syndicales qui accompagnent la destruction , l'annonce de la fermeture de centaines d'hopitaux, allons-nous vivre et mourir dans la rue?
Alors, forcément, des fois je suis de très mauvaise humeur. Comme l'autre matin où je marchais avec l'H., N., dans les bras le panneau, la table, des sacs de tracts. L'H. était, lui, de bonne humeur, il marchait derrière moi avec N.. Je l'entends dire elle n'arrête pas, cette femme (oui c'est de moi qu'il s'agit) c'est un vrai moulin à paroles. J'hésite entre raler un peu plus fort, ou me retrancher dans une forteresse de dignité offensée. C'est la très agréable voix de N. qui tranche: c'est beau, un moulin, moi ça me fait rêver..... Il y a une pause, l'H. dit "ah bon". Moi je souris.
04 mai 2008
le premier
Les beaux jours arrivent tôt dans nos contrées. Et le premier papillon de l'année est toujours un signe.
Celui de 2008 était ce matin ......sous la patte du chat qui en ronronnait d'aise, le cruel!
Et je jure que j'ai vu dans ses yeux des menaces de tortures plus raffinées les unes que les autres pour les chauve-souris qui viendront virevolter à portée de griffe dans peu de temps....
Après, il a réclamé ses croquettes, la chasse est un sport épuisant.
01 mai 2008
il est revenu le temps du.....
Levée à ....5 heures, pour aller vendre le muguet, attention pas celui des supermarchés, le muguet ouvrier! Celui dont l'H. a fait l'avance, que nous avons passé une journée chez D. à envelopper, enrubanner, que nous avons proposé déjà hier et avant-hier dans les escaliers de la cité. A 6 heures donc ce matin, au début d'une journée qui s'annonçait magnifique, j'étais sur le bord de la route du bas avec N., thermos de café, petits gateaux, les bouquets alignés devant nous sur la table. A même pas midi, la table était vide, juste le temps de planquer un brin pour moi et un pour la maman de N.
A 14 heures, l'H. est sur mon canapé; un soupçon de culpabilité de ne pas s'être levé si tôt, je suis de bonne humeur, ça ne dure pas. Il reste un pot, mis de côté pour une personne qui n'est pas venue. L'H. sort son porte feuille, rajoute les euros dans la boite (celle qui va éponger une partie des frais de campagne), et d'un air détaché..."celui-ci est pour toi...."
Cette petite fleur porterait-elle vraiment bonheur?!
29 avril 2008
mardi
Si je n'y prends pas garde, ce blog pourrait devenir galère's place. Donc je vais faire attention: mais je vais avoir du mal, les circonstances peuvent être un brin exténuantes.
D'abord, il y a eu hier soir, quand j'ai découvert que les euros de fin de mois, les derniers donc, s'étaient envolés de mon portefeuille: au boulot, forcément, j'en revenais. Et la main malveillante doit appartenir à un un individu de 11 ans maximum.....Pas dormi ou très peu de la nuit, l'argent bien sûr, mais surtout la "chose". Un ou une enfant avec qui je lis "Jack et le haricot magique", avec qui je passe de longues minutes à résoudre des divisions à 3 chiffres qui m'a piqué mon fric, merde!J'ai des soupçons bien sûr, mais les soupçons c'est dangereux. La directrice au bout du fil ce matin, qui soupire, qui ne m'engueule même pas parce que je n'ai pas caché mon sac, qui me raconte: 3ème vol en un mois, la semaine dernière, une collègue s'est fait faucher son portable, il ya 15 jours, la caisse de l'assoc a été vidée. Alors elle va convoquer tous les gamins, voir les familles, elle me conseille de porter plainte, je refuse.
A midi, je décide d'aller respire le parfum de la grande bleue; je me gare près de "ma" plage, celle où il n'y a jamais beaucoup de monde, même en été. Le coin est en travaux, je descends de la voiture, le pied dans un trou.... patatras!Je me relève avec les genoux massacrès, mes jolies petites ballerines mauves écorchées, en maudissant la terre entière.
Je marche quand mêm jusqu'au bout de la jetée, je me pose,et.....ça va! Le même miracle, celui qui se répète à chaque fois. Il y a une petite brise d'ouest, elle est là qui clapote sous mes pieds
,
quand je tourne la tête, je la vois qui s'alanguit sur les rivages de l'autre côté de la rade, je ferme un instant les yeux, ça, personne ne peut me le voler.

27 avril 2008
avec le temps
R et N sont descendus de Paris pour quelques jours, ont passé la soirée d'hier ici. N., sa douceur alcoolisée, elle était si belle quand R. l'a rencontrée, aujourd'hui c'est un zombie: m'a descendu les trois quarts de ma bouteille de manzana avant de s'endormir devant les Simpsons. R. a le sida depuis 20 ans, à une époque, avant qu'il ne connaisse N., il y avait eu entre nous cette petite danse des gens qui se plaisent sans se le dire: il restait un pas à faire, je ne l'avais pas fait. J'étais restée avec celui qui n'est pas arrivé à me détruire mais m'a laissé des cicatrices de taille.
Entre R. et moi, la petite musique est toujours présente, un lien à la fois léger et éternel. Même quand il me glisse rapidement que ça "ne va pas trop fort du côté des poumons en ce moment", je refuse d'imaginer la fin. Nous sommes en vie, point. Il y a des amours qui ne seront jamais répertoriées par personne.
Tout à l'heure, Fiston se préparait pour la plage: ses copains l'attendaient, il vidait son armoire pour trouver son maillot. Il chantonnait "la vie ne vaut rien, rien, rien ne vaut la vie"......
25 avril 2008
flower power
Bon, l'époque est on ne peut plus rude, le valet de l'impérialisme américano-européen l'a confirmé hier soir. Mais heureusement, bon an mal an, la terre continue à tourner. Aujourd'hui, voilà que je m'aperçois qu'il y a des fleurs partout:
, sur mon balcon,
, dans les acacias de la cité,
, derrière ma cuisine,
et même cette plante bizarre originaire de Caracas qui a décidé de colorer mon bureau:
Si j'avais encore l'âge, j'ajouterais bien: et mort aux cons.....?!
23 avril 2008
le petit voleur
J'allais sortir, restait juste à choisir l'écharpe du jour, ou plutôt du soir, rendez-vous militant, mais rendez-vous quand même. Le téléphone a sonné, j'ai pensé mince il annule , ce n'était pas lui.
La voix tremblait, j'ai d'abord pensé à Fils Ainé, je ne comprenais pas, en fait, c'était Fiston. ......Maman, euh..j'ai fait le con...Je continuais à ne pas comprendre, alors il a ajouté faut que tu viennes me chercher, je suis à la sécurité de c*****. Là, j'ai confirmé, il avait bien fait le con, j'ai demandé à parler au responsable.
-Madame, votre fils a commis un vol dans le magasin, si vous ne venez pas le chercher, nous appelons le commissariat!
-Euh ben je viens, je dois prévenir quelqu'un (mais pourquoi je lui raconte ça???) et j'arrive.
-Dans combien de temps?
-Ben je sais pas un quart d'heure, non 20 minutes, oui oui je fais au mieux....au fait il a volé quoi?
-Des écouteurs madame!
13 minutes plus tard, j'explique à l'hotesse que je viens chercher mon fils "qui a fait une bêtise". La charmante prend son téléphone Ange, la dame est là...Sourire pro on vient vous chercher madame. J'attends 5 très longues minutes, je me redresse pour affronter le mastard de service ,surprise, il est jeunot, fluet, charmant. Fiston est dans un recoin sur une chaise, tassé, prêt à se fondre dans le mur. L'objet du délit est sur la table, écouteurs J.. Je râle un coup , genre mais pourquoi t'as pas retiré d'argent, J.. en plus, est-ce qu'on a une tête à avoir des trucs de luxe..? Fiston ne dit rien, le fluet m'explique que soit je paie, et on passe l'éponge, soit c'est le procureur. Ok je paie. Je ressors de la galerie avec une sorte de zombie grisâtre derrière moi. Dans la voiture, les larmes arrivent. Je décide de ne pas en rajouter, j'écoute. Je signale juste que, pour ce soir, je pense qu'une soirée sans copains me semble indiquée.
C'est pas le tout, mais je suis sa mère quand même. Sanction? Bof....Bon allez on va discuter. Re-larmes, je suis un blaireau, je suis trop nul, on s'embête avec mes potes, etc. Là, il faut que je réponde, mais, merde où est le mode d'emploi pour mères qui ratent des rencards parce que leurs fistons ont volé des écouteurs J.. (9,99€)?? Alors, j'improvise: et ce numéro de téléphone du gars qui doit monter un cours de hip-hop dans la cité? Je tends le téléphone à Fiston je peux pas parler comme ça, ça s'entend que j'ai pleuré, j'insiste, je sors de la pièce. Et puis voilà, le cours commence dans 3 semaines, à 200 m de l'immeuble, Fiston est inscrit.
Les écouteurs sont toujours dans mon sac, je ne sais pas quoi en faire, que c'est dur d'avoir 17 ans.
20 avril 2008
encore un.....
C'était dans les années..., enfin c'était il y a longtemps. Je baguenaudais dans les rues de La Rochelle avec mon amoureux de l'époque. Il faisait beau, je vous parle d'un temps où on pouvait être jeune, optimiste et même se payer un resto régulièrement. Au détour d'une arcade, nous étions restés en arrêt devant le spectacle de mime d'un personnage étonnant: jeune, beau, l'élégance un brin décalée . Son mime nous avait fait rire, émus, un peu plus tard, nous avions appris son nom: Farid Chopel.
Encore plus tard, un jour, j'avais vu son nom sur une affiche, je m'en étais réjouie. Comme tout le monde, j'avais aussi entendu parler de la défonce, la violence, mais j'avais gardé une tendresse secrète pour le jeune homme inconnu qui faisait la manche dans les rues de La Rochelle.
Farid Chopel est parti ce soir, il a emporté un petit bout de ma jeunesse, encore un.

17 avril 2008
le groupe
"Inflation": c'est le premier mot que j'ai entendu ce matin, c'est mon super radio-réveil qui me le hurlait dans l'oreille. Après l'avoir insulté et réduit au silence (non mais c'est qui le chef dans cette chambre), un moment de doute mais pourquoi je me lève déjà...? Ah oui, j'ai un rendez-vous collectif chez les "coachs"....
J'arrive à l'heure, encore moins motivée que les fois précédentes, d'ailleurs j'ai oublié toute la doc sur les questions à poser, la présentation en 3 minutes,j'en passe. Dans la salle, coachette n'est pas encore là (eux sont toujours en retard, et ne s'excusent jamais....), mais mes petits camarades de galère sont installés: je dis bonjour, je fouille mon sac pour trouver un stylo en état de marche, et...non, je ne rêve pas, ça rigole autour de moi! Un changement de registre, voilà qui m'intéresse! En fait, tous ont réalisé que ce dispositif est une vaste arnaque, que nous sommes là uniquement pour justifier les salaires probablement confortables des dirigeants de la boite (des américains....).
Mais coachette arrive, et elle a un programme: l'entretien de recrutement. Donc on va faire un tour de table, évoquer nos difficultés et nos attentes par rapport à l'atelier.Ca commence par mon voisin de droite, ben non, ça ne lui pose pas vraiment de problème, l'os, c'est que pour l'instant, il n'a pas de réponse positive; il ajoute en rigolant que sinon, il serait ailleurs, tout le monde rigole, coachette essaie de réclamer le silence, ça ne fonctionne pas. Le-petit-monsieur-qui-n'a-pas-d'ordinateur en rajoute une couche lui, son attente, c'est du boulot, le reste on s'en fout (citation). Coachette commence à transpirer, ah zut, ça y est, c'est à moi. Je cherche, faut que je trouve une impro, qu'on voie que je suis une chomdu qui s'intéresse. Alors, j'explique, que, moi, le problème concerne peut-être la gestuelle, que je suis née encore plus au sud qu'ici, que je ne sais pas parler sans les mains , qu'il faudrait me les attacher, est-ce que c'est un problème. Coachette essaie de se faire entendre, elle garde le sourire pro, elle a la réponse , je dois visualiser mes mains attachées avant l'entretien, je verrai que ça fonctionne. Mon voisin de gauche, un joli petit jeune propre sur lui, qui est resté bien sage jusqu'à présent se tourne vers moi, t'as qu'à visualiser avec des menottes en peluche rose et un porte-jarretelle, hilarité générale, un ex-responsable commercial raconte une vanne sur sa femme, comme on dit ici, ça part en barigoule!
Coachette reprend la main, elle nous laisse 15 mns pour rédiger une présentation personnelle, après on ira en pause. Elle sort de la salle, erreur stratégique: la porte est à peine fermée que c'est le souk de chez souk , il y a ceux qui racontent les salaires de misère qu'on leur propose, mon petit voisin qui trouve que l'avantage des boites de consultants, c'est que les filles y sont plus canons qu'à l'ANPE, le petit monsieur a un stylo multi-fonctions, il nous fait la démonstration, moi, j'explique la plus-value à une petite femme tout gentille qui s'est fait virer comme une chaussette sale après 20 ans de bons et très loyaux services.Bref, quand coachette vient nous annoncer que c'est la pause, elle trouve 10 gus déjà debout, tournés vers la sortie.
A midi, après une dernière heure de franche rigolade, coachette nous libère. Je n'ose pas lui demander la marque de son fond de teint, un truc parfait qui ne bouge pas, même quand elle panique, j'ai peur de l'achever.
Le prochain atelier sera sous forme de jeux de role, je crains le pire.


