C'est un soir d'été 95, le frangin fait déjà dans les tournées de musicos, je pars à Bandol avec mon amoureux. Mon Frangin m'a dit le plus grand bien du monsieur qu'il produit, ma foi je ne connais pas.

Avant le concert, on passe à l'hôtel, très joli, à l'écart du bordel estival. A la terrasse, autour d'une bière (enfin plusieurs), le frère et le groupe. Et Coco donc. Qui m'intimide tant, ce demi indien de la Nouvelle Orléans, avec ses trucs bizarres autour du cou, la natte dans le dos et le sourire qui fait fondre.Comme une apparition.

Un premier concert de Coco Robicheaux, c'était comme une grande claque. La voix,  les textes, et l'homme surtout l'homme. Ce soir là j'ai craqué je dois dire. Pendant plusieurs annnées, j'ai trainé l'amoureux, des amis dans tous les concerts de Coco à moins de 400 kilomètres. pour passer des heures "backstage" à écouter ce fou raconter des histoires d'un autre monde. Jai hurlé devant des scènes, bu le café des lendemains de nuit blanche avec le Spiritman et ses musiciens (presqu'aussi génialement cinglés, magnifiques). Et quand Coco m'offrait du feu en se penchant vers moi, qu'il sortait tout son français pour me dire tout le plaisir est pour moi, je voyageais, j'allais vers le Bayou.

Je ne sais pas pourquoi Coco n'est pas très connu en France, excepté des fous de blues. Il est parti vendredi, à 64 ans, son coeur de musicien s'est arrêté. la Nouvelle Orléans chante et pleure, moi j'ai le vrai gros blues.

Au revoir, Medicine Man. Et merci....