Le mistral d'avant Noël, un grand classique, celui qui te gèle tout ce qui dépasse, le nez, les doigts, qui fait rêver de réveillons au coin du feu. Juste rêver parce que cette année, la Tantinette a payé les billets de train, ce sera chez le Frangin, dans son très joli et tout petit appart à quelques kilomètres de Paris. Avec une organisation béton of course: je vais dormir, ou plutôt tchatcher jusqu'à pas d'heure chez la Frangine; les fils seront dans la piaule de leur cousin, vodka et cigarettes bizarres en vue, pas de messe de minuit pour ces jeunes fêtards.Et le 25 à midi (14 heures....?), ce sera les chemises blanches, les robes et tenues "du dimanche" pour festoyer chez la Tantinette.

Combien d'années que je n'ai passé Noël en famille, au départ je n'avais pas plus envie que ça, et puis les coups de fil dans tous les sens, les fils qui cherchent le scotch, la Tantinette qui glisse au détour d'une phrase que c'est peut-être son dernier (87 ans, mais ça fait pas mal d'années qu'elle annonce son départ, on n'y croit plus......), je m'y suis collée. Dans ma chambre, un sac plein de tout petits cadeaux pas chers mais fort charmants, devant l'insistance de la Princesse, j'ai même investi dans une robe. Longue, grise, simple, mais une robe. La dite Princesse que reste ici avec le chat, parce qu'elle a envie de passer Noël seule pour une fois. Je n'ai pas insité, j'ai revu les "obligations famliliales" de ma jeunesse à moi, jaurais bien aimé des fois "le" passer seule....

Hier soir, c'était l'ouverture du Festival des Enfants de Hyères. Une des plus jolies manifestations de l'année. Je me revois avec mes 3 petits loustics, foncer sur les 13 desserts, essuyer le chocolat renversé sur les moufles, dans ce décor magique de la Villa de Noailles. A cause de ce vent d'hiver, hier, le buffet était installé dans l'ancienne piscine, celle où la Marie-Laure, Cocteau, Man Ray, Pierre Clementi, tant d'autres faisaient les fous dans leurs drôles de maillots. Fiston m'accompagnait, mon petit dernier qui drague effrontément les jeunes femmes devant moi, va chercher du rosé au buffet, rit à mes blagues idiotes, et puis se tait. Lève la tête, regarde les plafonds, me parle de Mallet-Stevens.

Après, nous passons chez P. Qui a préparé un apéro géant, nous n'avons plus faim, mais nous faisons honneur quand même. P. raconte ses nuits dans les parcs, devant les boites de nuit un peu louches, les capotes dans la poche, les discussions avec les gamins qui se prennent pour des icones gay mais qui se feront plomber parce que personne ne s'occupe d'eux. On parle prévention, éducation, société "en décomposition". P ouvre une autre bouteille, Fiston somnole en souriant.

Nous sommes rentrés tard, dans la voiture, Fiston s'est réveillé, c'était son tour de me faire rire.

Hier soir, il y avait comme une odeur de Noël sous les bourrasques du mistral.