27 avril 2008
avec le temps
R et N sont descendus de Paris pour quelques jours, ont passé la soirée d'hier ici. N., sa douceur alcoolisée, elle était si belle quand R. l'a rencontrée, aujourd'hui c'est un zombie: m'a descendu les trois quarts de ma bouteille de manzana avant de s'endormir devant les Simpsons. R. a le sida depuis 20 ans, à une époque, avant qu'il ne connaisse N., il y avait eu entre nous cette petite danse des gens qui se plaisent sans se le dire: il restait un pas à faire, je ne l'avais pas fait. J'étais restée avec celui qui n'est pas arrivé à me détruire mais m'a laissé des cicatrices de taille.
Entre R. et moi, la petite musique est toujours présente, un lien à la fois léger et éternel. Même quand il me glisse rapidement que ça "ne va pas trop fort du côté des poumons en ce moment", je refuse d'imaginer la fin. Nous sommes en vie, point. Il y a des amours qui ne seront jamais répertoriées par personne.
Tout à l'heure, Fiston se préparait pour la plage: ses copains l'attendaient, il vidait son armoire pour trouver son maillot. Il chantonnait "la vie ne vaut rien, rien, rien ne vaut la vie"......
Commentaires
L'amour qu'on a pas osé
Mais les souvenirs restent intacts et divins...
Si cet amour avait éclos...peut être serait il déjà fané, tandis que là il est là tapi mais présent, platonique mais heureux.
C'est parfois douloureux tout de même, de revoir certaines personnes non pas à cause des événements passés, mais pour ce qu'ils sont devenus.
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